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87 jours
13 min
France, 1965

Production : Les Documents Cinématographiques
Français
Anglais

Les films de Jean Painlevé



Résumé


La grâce fluide d’une étreinte à huit bras, le regard velouté d’un œil impénétrable… Painlevé réalise un portrait fascinant de la pieuvre, spécimen sous-marin plein de mystères, sur une bande sonore composée par Pierre Henry, l’un des pionniers de la musique électroacoustique.

L'avis de Tënk


« Pour croire à la pieuvre, il faut l’avoir vue » écrivait Victor Hugo.

Donner à voir : c’est précisément ce qui traverse l’œuvre entière du cinéaste et biologiste français Jean Painlevé, qui s’est attelé toute sa vie à dévoiler les mystères du monde marin. Avec Les amours de la pieuvre, il transcende ce que l’imaginaire collectif a longtemps relégué au rôle d’« animal horrifique » pour en révéler la beauté, la finesse et l’incroyable complexité. Le film part de nos a priori à l’égard de ces espèces ayant trop souvent hanté nos rêves, contes et légendes pour mieux les déconstruire. Painlevé nous invite à reconnaître, dans l’altérité radicale de la pieuvre, une réelle intelligence — une conscience capable de sensibilité et d’émotions. 

Il ne s’agit pas ici d’une identification naïve ou d’une simple anthropomorphisation, mais d’une posture de disponibilité affective : accepter d’être touché par une autre forme de vie, et d’y percevoir une présence singulière, légitime, valide. Cette reconnaissance qui active la curiosité, fait tomber les gardes et engendre naturellement l’empathie. Comment rester indifférent lors de cette scène fascinante où une mère pieuvre veille sur ses œufs pendant des semaines, sans se nourrir, nettoyant inlassablement l’eau et l’environnement qui les entoure? De figure monstrueuse jadis à merveille de persévérance et d’attention!

Le film est le fruit d’un patient compagnonnage avec le Vivant : débuté vers 1958, il aura fallu près de dix ans pour l’achever, le tournage étant entièrement tributaire du cycle biologique de la pieuvre, qui ne pond qu’en août. Tourné principalement au Laboratoire Arago de Banyuls-sur-Mer et à Roscoff, et reposant sur des techniques pionnières de macrophotographie et d’observation sous-marine, Les amours de la pieuvre apparaît aujourd’hui comme une œuvre rare : un habile mélange de rigueur scientifique et de poésie, qui nous rappelle que comprendre le Vivant commence souvent par apprendre à l’observer autrement.

 

Jason Burnham
Responsable éditorial de Tënk

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