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24 jours

81'

Québec, 2021

Production : Pierre Hébert

Japonais, Anglais, Français

Français, Anglais


Robert Breer: le film défié



Résumé


Il s’agit d’une méditation poétique et animée sur les impressions que m’ont laissées mes deux voyages au Japon, en 2003, puis en 2018. Dans les deux cas, j’ai ramené des images et des sons ainsi que des captations de mes performances, notamment celle avec le danseur-chorégraphe Teita Iwabushi. Une construction formelle traversée par plusieurs axes de tension : animation gravée sur pellicule/sons enregistrés dans des lieux publics; écoute d’une langue qu’on ne comprend pas/puissance émotive immanente de la parole; vie contemporaine/persistance des traditions; fluidité du cours des choses/mémoire des catastrophes de l’histoire récente (bombe atomique sur Nagasaki, accident nucléaire de Fukushima). La finition du film coïncide d’ailleurs avec le dixième anniversaire de Fukushima. D’une certaine façon, il en va d’une question fictive : que voit-on du Japon quand le mont Fuji est invisible, perdu dans les nuages? Évocation d’une invisibilité paradoxale.

L'avis de Tënk


Onzième titre de la série « Lieux et monuments », composée de films et d’installations vidéo réalisées par Pierre Hébert depuis 2010, Le mont Fuji vu d’un train en marche voit l’un des plus grands cinéastes du Québec rendre hommage à une figure emblématique de son panthéon personnel : Robert Breer (lequel partage les honneurs avec Stan Brakhage, Robert Lapoujade, Norman McLaren, Len Lye et André Martin). Réponse-révérence de quatre-vingt-une minutes au Fuji (1974) de Robert Breer, ce film constitue, selon le cinéaste, une nouvelle étape dans sa réflexion sur « l’idée de l’animation » et « l’expression instrumentale » ; deux notions qui l’ont mené vers une poétique de l’altération de la durée et de la création de temporalités paradoxales.
 
Doté d’une approche minimaliste de la construction cinématographique (« un minimum d’animation pour un maximum d’effet », selon les mots de Pierre Hébert), chaque épisode de la série « Lieux et monuments » débute par un tournage d’images réelles ensuite soumises à des manipulations numériques et à des interventions animées.
 
Les tournages ayant lieu partout dans le monde, le passage de Pierre Hébert au Japon lui a permis de revoir en quelque sorte une partie de l’approche de cette série et de laisser à l’animation gravée sur pellicule une place dominante - ce qui en fait, toujours d’après Hébert, « le point de convergence entre la série Lieux et monuments et le projet Scratch (2016) ».
 

 

 

Patrick Barrès
Professeur à l'Université Toulouse Jean-Jaurès

 

Pour aller plus loin: Visionnez Fuji de Robert Breer

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