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Disponible en location
70 min
Haïti, Québec, 2022

Production : Kaveh Nabatian, Joseph Ray, Zach Niles
Créole haïtien
Anglais, Français

Prix pour la paix - Festival du nouveau cinéma 2022

Les films des Rendez-vous Québec Cinéma



Résumé


En 1791, à Haïti, Dutty Boukman a présidé un rituel vaudou à Bois-Caïman qui a conduit à la création de la première république noire. Depuis, les rituels de transformation et d’expression artistique sont au cœur d’une culture florissante alors que le pays fait face à l’oppression, à la pauvreté et aux catastrophes naturelles. Kite Zo A (Laisse les os) est un film sensoriel sur les rituels en Haïti, de l’ancien au moderne, réalisé en collaboration avec des poètes, des danseurs, des musiciens, des pêcheurs, des amateurs de patins à roues alignées et des prêtres vaudous, sur des poèmes de l’auteur haïtien Wood-Jerry Gabriel.

L'avis de Tënk


Œuvre dédiée à la puissance de la culture haïtienne, Kite Zo A (Laisse les os) rend son sujet avec toute la force poétique et musicale du cinéma. Bien qu’on y montre plusieurs séquences-témoins du monde réel (cérémonies, élèves en classe, combats de coqs, carnaval, concert), le film ne se contente pas seulement de témoigner, mais s’attache surtout à démontrer et à exprimer la perméabilité du quotidien des Haïtien·ne·s à l’art sous toutes ses formes. Prenant ses racines dans la culture vaudou amenée d’Afrique, ce besoin primal d’intégrer l’art à la vie sert peut-être à contrer les mauvais esprits et à évoquer les déesses bienfaisantes, véritablement et métaphoriquement, mais il est aussi un besoin vital éminemment concret. Le simple fait de rouler ou de faire des figures sur ses patins à roues alignées dans les rues ou les parcs devient une déclaration artistique. Les paysages de la campagne haïtienne, filmés en plans fixes comme des tableaux de grands maîtres, avec leurs nuages, leurs montagnes et leur soleil éblouissant accompagnent les travellings sur les forêts parcourues par l’éclat des t-shirts colorés des enfants qui s’y pourchassent en riant. Et c’est sans compter toutes les vraies visites du côté des artistes, parfois professionnels, mais parfois aussi simples policiers, élèves, enseignant·e·s qui se transforment en danseur·euse·s, en poètes-slammeur·euse·s, en musicien·ne·s, en carnavaleux·euse·s, en acrobates parce que l’expression artistique leur est aussi nécessaire que de respirer. Parce que c’est une façon de voir la vie différemment. De faire l’expérience de son existence différemment. De témoigner de sa liberté et de son indépendance. De protester et surtout de résister.
 

Claire Valade
Critique et programmatrice

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