Résumé
L’Adamant est un centre de jour unique en son genre : c’est un bâtiment flottant. Édifié sur la Seine, en plein cœur de Paris, il accueille des adultes souffrant de troubles psychiques, leur offrant un cadre de soins qui les structure dans le temps et l’espace, les aide à renouer avec le monde, à retrouver un peu d’élan. L’équipe qui l’anime est de celles qui tentent de résister autant qu’elles peuvent au délabrement et à la déshumanisation de la psychiatrie. Ce film nous propose de monter à son bord et d’aller à la rencontre des patient·e·s et soignant·e·s qui en inventent jour après jour le quotidien.
L'avis de Tënk
Il existe un lieu où les jours ressemblent à des rêves. On y croise des poètes, des musicien·ne·s, des artistes peintres, des acteur·trice·s qui déclament de délectables et excentriques tirades. Ce sont les fragiles; on peut même les reconnaître dans le métro ou dans la rue à leur tête un peu cassée et leurs regards sans protection. Ces êtres sans bouclier, qui ont quelques ennuis avec la conversation, peuvent se délier à leur aise dans ce lieu. L’espace est à leur image; un bâtiment flottant, à la lisière de la ville, circulaire, sans cloison, reflétant la lumière. Il s’agit de L’Adamant, un hôpital de jour lié à un secteur de psychiatrie de l’hôpital Esquirol, à Paris. Après l’inoubliable La moindre des choses, Nicolas Philibert poursuit son engagement envers la psychothérapie institutionnelle et ses tentatives de repenser le soin pour les patient·e·s à travers la transversalité, l’implication et la participation active dans les lieux cliniques. Ouvert depuis 2010, L’Adamant est un lieu de résistance qui nous renseigne sur la qualité possible du lien, de l’écoute, de la vie lorsqu’on résiste aux pressions normatives et productivistes. Un lieu « qui ne cède pas, qui tente de maintenir vivante la fonction poétique de l’homme et du langage. »
Naomie Décarie-Daigneault
Directrice artistique de Tënk