Résumé
Dans cet essai cinématographique, la cinéaste utilise ses propres « images » pour illustrer les souvenirs de Lisa (Yelyzaveta), une Ukrainienne de 18 ans qui a vécu quelques mois à Montréal. Deux inconnues, si loin, si proche.
L'avis de Tënk
Une protagoniste ukrainienne et une cinéaste québécoise se regardent dans les yeux. Cette caméra fixe et frontale nous permet de nous immiscer entre elles. Lisa nous regarde, mais j’aime croire qu’elle ne s’adresse pas à nous. Seulement à Romane. Si chacune se reconnaît un tant soit peu dans ce que l’autre vit — l’exil, le déracinement, le passage à la vie adulte — le film met brillamment en valeur l’entrelacement de leurs souvenirs respectifs, comme s’il n’était pas question de démêler à qui ils appartiennent. Les paroles sont celles de Lisa, sans contredit, mais les images qui leur font miroir ne lui sont pas exclusives. Il y a beaucoup d’espace dans ces images, assez pour s’y tailler une place. Élusives et flottantes, elles appellent à être incarnées par celui ou celle qui les regarde. Elles explorent des paysages urbains se voulant anonymes. Elles n’ont pas d’emprise sur ce qu’elles documentent; elles sont plutôt curieuses, distantes, mais attentives. Comme si l’image même racontait : « Nous ne sommes pas d’ici, mais nous ne sommes pas pour autant des étrangères. »
Jason Todd
Programmateur et cinéaste