Résumé
Portée par une quête personnelle qui remet en question les tabous, Inna Shevchenko, figure emblématique du groupe militant FEMEN, part à la rencontre de femmes extraordinaires et inspirantes : certaines luttent contre la religion, d’autres la défendent et, plus surprenant encore, nombreuses sont celles qui œuvrent à la réformer. Elles partagent toutes une même conviction : les femmes sont magnifiques, et aucun dieu — ni au ciel ni sur terre — ne peut les priver de leurs droits ou les soumettre aux hommes.
L'avis de Tënk
Ce que je redécouvre dans Girls & Gods, c’est à quel point le patriarcat et la violence systémique exercée par les hommes sur les femmes ne peuvent se réduire à une prétendue « nature masculine ». Le film met en lumière la puissance des cultures religieuses dans la construction et la perpétuation de ces rapports de domination.
La scénariste qui fait enquête, l’Ukrainienne Inna Shevchenko quitte son terrain d’activisme pour s’ouvrir au dialogue avec des femmes de différentes allégeances, de Copenhague à New York. Elle s’intéresse à leurs stratégies, à leurs résistances, à leurs réinterprétations des textes, mais aussi à leurs manières d’endosser, de négocier ou de transformer les normes qui façonnent leur existence.
Disons que je me suis accrochée à quelques reprises aux paroles d’un chant qui revient en filigrane tout au long du film — Mi cuerpo es mi casa, mi casa es mi cuerpo — comme à une bouée contre ce biopouvoir. Lorsque la liberté est vécue comme une forme de soumission, ou comme le prix à payer pour se sentir en sécurité dans son propre corps, et que le corps lui-même devient l’objet d’un compromis, tout ça donne encore et toujours des vertiges.
Girls & Gods fait partie de ces films qui me rapprochent des femmes, quelles qu’elles soient, et qui participeront toujours à me faire sentir étrangère à leurs dieux.
Sylvie Lapointe
Cinéaste