Résumé
Un voyage poétique au cœur d’une Italie cachée, loin des récits dominants. Canone effimero explore la résistance culturelle à l’œuvre chez des artisan·e·s d’instruments anciens, des chœurs polyphoniques et des traditions transmises de génération en génération. À travers onze chapitres musicaux, les frères De Serio composent une mosaïque de mémoires, de voix et de paysages, recentrant le regard sur des cultures rurales marginalisées.
L'avis de Tënk
Dans Canone effimero, les frères De Serio posent leur caméra, avec grande retenue et beaucoup d’attention, sur les paysages montagneux de diverses régions de l’Italie rurale et sur certain·e·s de ses habitant·e·s. Le choix du format d’image carré, assez rare de nos jours, met en valeur les visages des gens que les réalisateurs filment. En outre, il favorise une certaine verticalité du regard. Un cadre plus rectangulaire aurait davantage dirigé l’attention du spectateur vers l’horizontalité de l’image et aurait diminué l’espace au-dessus des têtes des personnes interviewées. Étant donné l’aspect religieux de la plupart des chansons anciennes interprétées par les intervenant·e·s du film, ce parti pris un peu anachronique renvoie aussi à une forme de spiritualité au sens large du terme, les cieux occupant une bonne partie des plans de nature.
Cette idée de verticalité est également au cœur de la scène finale du documentaire, alors que le montage inverse le déroulement des images captées à partir d’une voiture qui file sur une route enneigée. Cela crée l’illusion que la neige, plutôt que de descendre vers le sol comme la gravité terrestre l’impose, est en fait aspirée vers le haut. C’est ce même genre de transcendance et d’élévation de l’âme que suscite le visionnement de Canone effimero.
Jean-Philippe Desrochers
Critique