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44 jours

58'

Québec, 2008

Production : Productions Thalie

Français

Anglais


Société



Résumé


Trente ans après la fermeture de la colonie minière de Schefferville, les Innus, après avoir pris possession de la ville abandonnée par les non-Autochtones, font face à un nouveau défi : la réouverture des mines de fer. Territoire, identité et légitimité nourrissent le dialogue entre deux peuples, Québécois et Premières Nations, ayant un combat commun. Deux identités qui se disent colonisées et dont la première se comporte à plusieurs niveaux en colonisatrice. À qui appartient le territoire ? Les autochtones ont-ils droit à l’autodétermination au même titre que les Québécois? Une tente sur Mars se veut une charge poétique face à cette situation complexe.

L'avis de Tënk


« Tu peux pas avoir d’histoire sans terre. »

 

Au cœur d’un paysage rouillé, jonché de fosses profondes et stériles, se dresse une tente innue. « Nous allons sur Mars » lance Essimeu « Tite » McKenzie, guide et protagoniste principal du film. « Allons voir s’il y a des martiens. Et s’il y en a, on va les envahir! » ajoute-t-il avec ironie.

 

Avant la ratification de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois avec les nations crie et inuit en 1975, aucun traité ne prévoyait la cession par les Premières Nations de leurs droits territoriaux. Pourtant, la propagande gouvernementale et industrielle entourant l’exploitation des ressources naturelles du Nord a toujours nié les droits fondamentaux des Innus, allant même jusqu’à ignorer leur présence sur leurs propres terres. « Les droits des autochtones s’arrêtent là où commencent les nôtres » tonne la voix de Lucien Bouchard en écho aux images dévastatrices léguées par l’exploitation minière des blancs à Schefferville.

 

Le traitement formel du film est en tout point saisissant. Les lignes, les couleurs et les contrastes font de chaque plan un tableau. Soutenu par la musique profonde et incisive de Fred Fortin, le film évoque la question de l’autodétermination et de l’affirmation du territoire comme revendications éternelles des peuples autochtones.

 

« Aller sur Mars, vous en rêvez depuis longtemps » conclut « Tite » McKenzie avec résilience. « Nous autres, c’est pas de Mars qu’on rêve. On rêve d’un territoire. Notre territoire ».

 

 

Pascale Ferland
Cinéaste, enseignante et programmatrice

 

 

 

Présenté en collaboration avec les

 

 

 

 

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