Résumé
Ce film laisse la parole aux parents et aux ami·e·s proches de Clémence Beaulieu-Patry, victime d’un féminicide en 2016. À travers les souvenirs et les confidences, on plonge dans l’univers complexe qu’est le deuil d’une personne aimée disparue dans la violence. Avec une grande sensibilité, nous accompagnons les proches qui nous partagent l’importance de parler d’elle tout en célébrant sa vie.
L'avis de Tënk
Par ce qui semble être un après-midi calme et suspendu dans le temps, les proches de Clémence Beaulieu-Patry prennent place dans sa chambre, chacun·e à leur tour. Dans la pièce, des photographies, des objets et des traces laissés derrière elle font sentir que l’espace est encore habité par sa présence. Dans cette intimité chargée d’émotion, les récits émergent doucement et, au fil des témoignages, le portrait de Clémence se construit par fragments. L’ensemble des souvenirs partagés révèle une jeune femme aimée et rappelle que derrière chaque féminicide se trouve une personne, une histoire et tout un entourage marqué à jamais.
La force de ce documentaire réside dans sa grande sensibilité et sa justesse. La caméra adopte une présence douce et discrète, comme si elle cherchait avant tout à écouter. Elle accompagne les proches avec respect, captant les regards, les silences et les gestes qui expriment parfois davantage que les mots. Cette approche crée une proximité sincère avec les personnes filmées et permet au spectateur d’entrer dans leur intimité sans jamais avoir l’impression d’être de trop.
Je me souviens encore de l’émotion qui m’avait traversé lorsque j’ai découvert Clémence pour la première fois, lors de la soirée de projection de l’UQAM. Trois ans plus tard, j’ai été frappé par la même vague d’amour et de tristesse. Ce film fait coexister la douleur de l’absence et la beauté du souvenir dans un même élan.
Manuel Orhy Piron
Cinéaste et ancien étudiant de l'UQAM