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3 jours

94'

Ukraine, 2016

Production : Mashkino Production

Contenu sensible: Ce film contient des images graphiques de violence et de guerre.

Russe, Ukrainien

Français, Anglais


Grand Prix 2017 - Rivne International Film Festival "Dream City", Ukraine


Programmation spéciale Ukraine



Résumé


Ce documentaire saisissant, graphique et honnête se penche sur le bilan humain de l’agression russe contre l’Ukraine, qui a commencé en 2014 par l’annexion de la Crimée et qui a été immédiatement suivie par l’occupation russe de certaines parties du sud-est de l’Ukraine. La co-réalisatrice Anastasiia Starozhitska et son petit ami, le soldat ukrainien Valery Lavrenov, filment ici leur réalité. En traversant des villes en ruines pour le rejoindre, elle s’efforce de comprendre l’essence de la guerre et de l’amour. Le film les suit dans leur tentative de vivre ensemble à la suite de ces évènements.

L'avis de Tënk


«La vérité de la guerre est terrible. Et ceux qui la connaissent ne la disent pas. Et il n’y a personne à qui la dire. Personne ne veut connaître cette vérité», raconte, sous forme de confession à la caméra, l’un des deux principaux narrateurs de The War of Chimeras, Valery Lavrenov, après être lui-même revenu de la guerre. S’ensuit un panoramique de scènes de funérailles organisées des mois plus tard, après que les corps de ses plus proches compagnons d’armes furent finalement localisés à la suite de la bataille d’Ilovaïsk en 2014, dans la région du Donbass, en Ukraine. Lavr – c’est ainsi qu’on le nomme dans le bataillon – souffre de la culpabilité du survivant alors qu’il réfléchit à la futilité de la guerre : «Ça sert a quoi, tout cela ?». De plus, il se considère comme un imbécile pour avoir pensé qu’il se porterait volontaire pour défendre sa patrie et qu’il en reviendrait couvert de lauriers. «Il n’y a pas de victoire dans la guerre» déclare-t-il. Cela pourrait servir de slogan à ce film qui explore les conséquences humaines et intimes des combats armés.
 
Narré sous forme épistolaire entre Lavrenov, qui part d’abord à la guerre puis en revient, et sa compagne, la cinéaste Anastasiia Starozhitska – ou Nastya, comme il l’appelle – le couple dévoile avec beaucoup de tendresse ce que c’est que d’être si proche de quelqu’un de si loin, puis, si loin de quelqu’un juste à côté de soi. Le trouble de stress post-traumatique est dépeint sans sensationnalisme et sans éclats, mais plutôt avec compassion et perspicacité. L’idéalisme de la jeunesse – Nastya écrit et filme son désespoir et sa déception en regardant la place Maïdan de Kyiv vidée, «notre révolution» brûlant comme de vieux pneus tandis que Lavr est assis en première ligne – est dépeint avec une esthétique de vidéo amateur, avec des plans pris sur le vif, plaçant ainsi le public tel un observateur de leur relation. Les scènes de bataille filmées à la manière du cinéma vérité évoquent la banalité de la guerre et sa violence, les pansements enroulés autour des blessures par balle, les cadavres de soldats entassés, et la confusion dans le chaos. Et pourtant, ces sujets principaux étant tout aussi naïfs face à la guerre, qu’à la mort et qu’à l’amour. Ce film, qui tient de journal intime, est parfois même sirupeux. L’amour est-il vraiment ce qui nous maintient en vie? Avoir quelqu’un à qui raconter la terreur de la guerre semble certainement suffisant pour sauver au moins la vie de Lavr.

Aurora Prelević
Écrivaine, traductrice, cinéphile

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