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Disponible en location

12'

Ukraine, 2018

Production : Nadia Parfan

Programmé par Gabrielle Ouimet

Ukrainien de l'Est

Français, Anglais


Grand Prix MyStreetFilms 2018 - "86" IFFU, Ukraine


Programmation spéciale Ukraine



Résumé


La vie s’écoule dans sa réalité quotidienne, mais soudain, quelque chose d’insaisissable en change le cours. Il ne reste plus que la possibilité de se plonger dans des souvenirs où tout est préservé, comme dans un musée… L’histoire d’une plage ukrainienne désertée, minée et dangereuse, à cause d’explosifs tapis sous l’eau.

L'avis de Tënk


Diorama réalisé par Zoya Laktionova capture l'anticipation tranquille d'un danger invisible qui hante le paysage côtier de Marioupol, la ville natale de la réalisatrice. Des images saisissantes de pêcheurs solitaires, de chats errants et de côtes désertes et brumeuses traduisent un sentiment d'amour et de chagrin profond pour sa ville natale, ses habitant.e.s, ses animaux, ses arbres et ses eaux. Les vagues régulières et pulsées depuis la mer pleine de mines ressemblent à une horloge qui compte les minutes avant que tout n'explose et ne devienne une maquette de ce qu'il existait auparavant. Des voix hors-champ racontent des souvenirs d'enfance d'étés passés au bord de la mer. Depuis l'attaque russe contre l'Ukraine en 2014, Marioupol et sa mer ne sont plus un endroit sûr. Tourné en 2018, Diorama montre le poids profond de vivre dans la peur constante de ce qui pourrait arriver.

 

La gravité de ce film ne pourrait pas être plus prononcée aujourd'hui dans le contexte d'une invasion russe à grande échelle avec Marioupol comme cible principale. Voici comment Zoya décrit la situation actuelle dans sa ville natale : «Marioupol n'existe plus en tant que ville - 95% des bâtiments et des infrastructures ont été détruits et entre 20 000 et 30 000 personnes ont été tuées. Nous ne savons pas comment elles ont été tuées, car il est impossible de le savoir, la quasi-totalité de la ville et des territoires qui l'entourent étant contrôlés par la Russie. Compte tenu de ce que nous avons vu à Bucha après le retrait russe, je comprends que la même chose pourrait se produire à Marioupol - l'enfer sur terre».

 

Pour la Russie, Marioupol apparaît comme cruciale afin de créer un corridor entre la région de Donbass déjà occupée et la Crimée. Mais pour l'Ukraine, Marioupol est devenu un symbole national de résistance. Au moment où j'écris ces lignes, le 20 avril 2022, un commandant de Marioupol a posté une vidéo avec un dernier appel à l'aide depuis l'usine d'Azvostal - un abri accueillant 1000 civils, le dernier endroit de Marioupol contrôlé par l'Ukraine. «C'est notre dernier appel au monde. Cela pourrait être le dernier appel de notre vie. Nous sommes probablement confrontés à nos derniers jours, voire à nos dernières heures. Nous ne défendons qu'un seul objet, l'usine Azovstal où, en plus du personnel militaire, il y a aussi des civils qui sont tombés victimes de cette guerre. Nous lançons un appel à tous les dirigeants du monde pour qu'ils nous aident. Nous leur demandons d'utiliser la procédure d'extraction, et de nous emmener sur le territoire d'un État tiers».

 

J'ai demandé à Zoya si elle voyait son film différemment dans le contexte de ce qui se passe aujourd'hui. Elle écrit : «Quand j'ai fait ce film, j'imaginais que si la guerre continuait, qu'un diorama dans un musée d'histoire pourrait devenir le seul endroit où je pourrais accéder à la ville et à la mer. Aujourd'hui, je constate que le pire scénario que j'ai présenté dans mon film s'est réalisé. J'ai peur de le regarder maintenant. La ville entière est détruite. Même le musée des traditions locales de Marioupol, où j'ai tourné ma dernière scène, a brûlé et ce diorama n'existe plus. Je ne peux y accéder qu'à travers mon film». 

 

 

 

Kinga Michalska
Artiste plasticienne, cinéaste, éducatrice

 

 

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