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75'

Québec, 2015

Production : Coop Vidéo

Programmé par Virginie Dubois

Français, Anglais, Portugais

Anglais


Sélection - RIDM 2015


Mondes parallèles



Résumé


Éric fait le tour du monde, il travaille sur des bateaux. Il semble vivre la vie qu’il a toujours rêvé au moment où il est emprisonné au Brésil, en attente d’une déportation au Canada. Entre les appels à l’Ambassade, l’intervention inattendue d’un inconnu qui cherche à l’incriminer et l’annonce de la nouvelle à des parents désemparés, Pinocchio perce peu à peu le mystère entourant Éric au fil de conversations, de souvenirs de voyage en Amérique du Sud et de confidences. On y découvre un homme à l’imagination prodigieuse, à la vérité trouble, à la fois charmeur et manipulateur : mon frère.

L'avis de Tënk


Reconnue pour ses œuvres intimistes qui racontent sans fard les coulisses de sa famille éprouvée par un héritage de pauvreté, de haine, de violence et d’abus d’alcool, mais également embrassée par l’amour, la tendresse et une dose d’humour, André-Line Beauparlant livre ici un voyage insolite dans les méandres de ce qu’on définit comme la mythomanie. On y suit son frère, grand séducteur, charmant personnage, frontal et sans complexe, alors qu’il sillonne la planète au fil de ses histoires inventées.
Comme beaucoup d’enfants, pour échapper aux tourments quotidiens d’un clan commotionné et corrosif bien qu’aimant, Éric se réfugie dans un monde parallèle. Ce monde, il le construit de toutes pièces, le gouverne et s’échafaude un personnage dont les multiples facettes migrent au gré des vents et marées. Il fabrique et refabrique son « moi » selon ses besoins, ses aspirations, ses cibles et ses proies. Tout pour survivre de ville en ville. Tout pour disparaître, se soustraire à ses dus et son ardoise dont les dettes ne cessent de s’additionner. Et tout pour réapparaître, un peu plus loin, sous une enveloppe réinventée et un passé revisité.
Beauparlant confirme dans ce 4e long métrage documentaire une signature aussi singulière que parfaitement maîtrisée. Cette capacité à aborder l’infiniment personnel et intime au profit de l’infiniment universel, parce qu’en chacune de nos familles, il existe quelque part un Pinocchio.
Et par moment, quand «life’s a bitch», j’avoue que des fois, moi aussi, j’ai envie de faire comme Éric pour échapper aux agressions du quotidien, aux êtres toxiques et aux déconvenues liées aux illusions d’une vie parfaite, ou presque.

Virginie Dubois
Cinéphile, d’abord et avant tout
Productrice à temps perdu

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