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Disponible en location

88'

Serbie, 2018

Production : This and That Productions

Serbe

Français, Anglais


Luttes



Résumé


Un documentaire sur l’occupation illégale initiée par de jeunes activistes prenant la contrôle du cinéma privatisé Zvezda à Belgrade en Serbie. Cette action réunit différents groupes sociaux qui partageant la même ambition : changer le monde dans lequel ils vivent. Cependant, leurs points de vue sur ce à quoi ce monde devrait ressembler divergent.

L'avis de Tënk


Soit tu meurs comme un héros, une héroïne du cinéma sous occupation, soit tu vis assez longtemps pour apparaître dans le film qui en parle.

 

Je ne suis pas devenu un héros, mais chaque fois que je regarde le brillant documentaire de Senka Domanović sur l'occupation du cinéma Zvezda (L'Étoile) à laquelle j'ai participé activement, je me mets à réfléchir à la raison pour laquelle cette occupation a été un événement aussi énorme dans l'histoire culturelle et politique serbe des années 2010. Qu'est-ce qui a déclenché une telle réaction de la part du public ? Pendant trois mois, un certain nombre de politicien.ne.s serbes - et internationales -, de journalistes, de cinéastes avaient quelque chose à dire à ce sujet. Un groupe d'activistes a occupé un cinéma en ruine… et alors ?


Zvezda était un lieu particulier. Ce cinéma de Belgrade était devenu un symbole des conséquences dévastatrices de la transition vers le capitalisme en Serbie. Il a déclenché la colère des gens contre les crimes de la privatisation, la vente brutale des entreprises collectives qui a laissé des milliers de personnes sans emploi, démunies et sans espoir. Cet évènement était une accusation de mensonge envers les promesses d'un avenir merveilleux amené par le libre marché. Une affirmation que nous devons agir à ce sujet.

 

Okupirani bioskop capte cette colère, mais aussi le désir des étudiant.e.s, des cinéastes, des travailleur.euse.s et des militant.e.s de gauche de s'organiser et de créer une meilleure alternative, à tout le moins dans les salles de cinéma, tout en réfléchissant aux raisons de leur échec. Le film se déroule comme une curieuse combinaison de La Chinoise de Godard et de Harlan County, USA de Barbara Kopple. Des segments d'observation, tournés en temps réel avec une caméra mobile et dynamique, sont juxtaposés à des entretiens avec les militant.e.s. De cette manière, le film montre et raconte : nous voyons les rêves et les réalités des militant.e.s, leurs malentendus et leurs conflits, nous suivons de près l'éclatement du groupe, et nous voyons différents personnages réfléchir à leur rôle dans l'intrigue. Le film peut être lu comme une allégorie de tout effort collectif futile, ou de toute révolution qui mange ses propres enfants.

 

C'est d'ailleurs le mot d'ordre qu'incarne Okupirani bioskop : les films, c'est la politique ; les salles de cinéma, c'est la société.

 

 

 

Ivan Velisavljević
Archiviste, programmateur et critique de cinéma

 

 

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