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90'

Québec, 2018

Production : Les Films Camera Oscura

Programmé par Rémy Besson

Français, Anglais, Allemand, Hébreu, Tchèque, Polonais

Français, Anglais


Les films du Sprint Gala



Résumé


Associée à une œuvre cinématographique qui a profondément bouleversé notre rapport à l’Histoire, Ziva Postec est une artiste méconnue qui a voué près de six ans de sa vie au montage de "Shoah". Ce film-fleuve de Claude Lanzmann devait transformer à jamais notre compréhension de l’histoire de l’extermination des Juifs d’Europe pendant la Deuxième Guerre mondiale. En plongeant dans ses souvenirs personnels, cette dentellière de l’ombre, « survivante » à sa façon, se livre pour la première fois à la faveur d’un récit où des images inédites du tournage refont surface. Partie prenante jusqu’à l’obsession d’une entreprise de création hors du commun, Ziva Postec se révèle à la caméra une véritable héroïne du quotidien. Sa force d’engagement et sa luminosité contrastent avec les jours les plus sombres de l’humanité.

L'avis de Tënk


Ziva Postec a longtemps été une figure oubliée. Une monteuse derrière “Shoah” (1985), dont on imagine bien qu’elle a existé, sans savoir exactement ce qu’elle a fait. En effet, ce film-monument de 9h30, basé sur des entretiens portant sur le génocide des Juifs, est presque exclusivement associé à son réalisateur, Claude Lanzmann. La restauration des archives du film au Musée mémorial de l’Holocauste des États-Unis rend une autre perspective possible. On y découvre les rushes. On envisage les six années nécessaires (1979-85) au montage de Shoah. Mais la très grande richesse du documentaire de Catherine Hébert réside dans le fait de ne pas s’être limité à cette dimension historienne et de redonner une voix à cette figure oubliée. Ce documentaire repose aussi sur la rencontre de deux femmes. Par touches, avec beaucoup de finesse, la réalisatrice a construit un ensemble d’échos entre le travail de la monteuse et sa trajectoire biographique depuis l’immédiat après-guerre. Ce documentaire doit aussi beaucoup au travail de sa monteuse, Annie Jean. Une figure dont on n’oubliera pas, ici, de souligner l’importance!

Rémy Besson
Historien, chercheur postdoctoral à l’Université de Montréal et conseiller historique du film

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