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94'

Québec, 2019

Production : Divertissement Breakout, Vélocité International

Programmé par Hubert Sabino-Brunette

Français, Anglais

Français


Les films du Sprint Gala



Résumé


Les derniers vilains, c’est l’histoire fantastique et parfois loufoque des lutteurs de la famille Vachon telle que veut bien se la rappeler son unique survivant : Paul « The Butcher » Vachon. Les récits du vieil homme sont mis en parallèle avec son présent inusité, alors qu’à 80 ans, avec sa femme Dee, il vagabonde toujours de foire en festival pour vendre les livres qu’il a écrits et faire revivre l’époque fabuleuse où lui et son grand frère « Mad Dog » étaient rois et maîtres de l’arène. Ce documentaire aux allures de fiction est une ode à la liberté aussi bouleversante et déconcertante que l’ont toujours été la lutte et les Vachon.

L'avis de Tënk


À travers les anecdotes parfois incroyables de Paul « The Butcher » Vachon, seul membre encore vivant de cette célèbre famille de lutteurs et de lutteuses, ce film nous fait plonger (du haut du troisième câble) dans les « belles années » de la lutte professionnelle au Québec, alors un véritable phénomène social et culturel. Reprenant des éléments du conte, autant sur le plan visuel que narratif, et recourant ponctuellement à des archives intelligemment choisies, le cinéaste fait judicieusement cohabiter la vérité avec le fantasmé, ou l’enjolivé. Ce documentaire incarne ainsi, d’une certaine manière, l’idée même que la lutte carbure au doute entre le vrai et le faux, ou encore que les lutteurs et lutteuses se fondent dans leurs personnages plus grands que nature.
Tourné dans une certaine urgence, et avec peu de moyens, ce film conserve cependant une indéniable qualité esthétique et technique. Pratiquement seul dans l’arène avec ce charismatique colosse, dont le physique courbé et la santé fragile sont maintenant sculptés par des centaines de combats (et quelques excès), Thomas Rinfret parvient à construire une relation sincère avec Paul Vachon. Ce respect mutuel apparent lui permet d’éviter d’être coincé dans les câbles par cet habile conteur aux récits fascinants. Il offre ainsi un portrait personnel, par moments comique et d’autres fois touchant, de cet homme vieillissant à la verve probablement aussi spectaculaire que les acrobaties d’un Édouard Carpentier. C’est d’ailleurs dans ces incursions pudiques dans l’intimité des relations familiales, parfois érodées ou même brisées, que ce documentaire nous envoie au tapis, voire nous colle les deux épaules au plancher. Mais tout le monde en sort gagnant.


Hubert Sabino-Brunette
Enseignant, programmateur

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