Résumé
Présentant des femmes autochtones de générations diverses, Pidikwe intègre danse traditionnelle et contemporaine dans un tourbillon audiovisuel qui se situe aux frontières du cinéma et de la performance, quelque part entre le passé et l’avenir.
L'avis de Tënk
Dans une mise en scène d’une grande simplicité formelle, cette œuvre visuellement sublime de l’artiste pluridisciplinaire Caroline Monnet déploie une montée en puissance à la fois envoûtante et galvanisante. Sans dialogue, portée par une trame sonore immersive, elle laisse toute la place aux corps, aux gestes et à la lumière, affirmant le mouvement comme langage premier. Surgissant de l’obscurité, six femmes autochtones de générations différentes deviennent des présences incandescentes, révélées par des couleurs chaudes et des éclairages en constante métamorphose, telles les planètes d’un même système en orbite, unies par une force commune.
La danse, à la fois traditionnelle et contemporaine, agit ici comme un espace de mémoire vivante, de transmission et de guérison. En revisitant les pas du pow-wow, Monnet affirme le corps autochtone comme lieu de résistance, de réappropriation et de projection vers l’avenir. Les costumes et accessoires, conçus par l’artiste, dialoguent avec les bijoux et les symboles culturels pour inscrire ces figures féminines dans une continuité temporelle, entre héritage ancestral et futur à inventer.
À la frontière du cinéma, de la performance et de l’art visuel, l’œuvre brouille volontairement les catégories pour proposer une expérience sensorielle où s’affirme une vision : celle d’un futur autochtone prospère, radiant et affranchi des regards coloniaux. Véritable célébration, le film met en lumière la puissance, la beauté et l’autodétermination de femmes autochtones dont les corps deviennent à la fois archives, manifestes et promesses.
Ariane Roy-Poirier
Directrice générale et artistique
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