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27'

Québec, 1964

Production : ONF / NFB

Programmé par Naomie Décarie-Daigneault

Français


Les films de Michel Brault



Résumé


Une adolescente se rappelle les derniers moments de ses vacances d’été passées avec ses camarades et amis dans la région des Laurentides, au nord de Montréal, leurs discussions sur la vie, la mort, l’amour, Dieu. Tourné en cinéma direct à partir d’un scénario laissant aux adolescents l’espace pour improviser et s’exprimer, ce film a cherché à atteindre ces jeunes dans leur présence la plus immédiate, celle de leur chair, de leur langage et de leur environnement.

L'avis de Tënk


L’altérité offre parfois un regard surprenant sur une réalité, le décalage du regard permettant de visiter angles morts, zones d’ombres et autres inconnus qui n’apparaissent pas dans le reflet que le miroir nous renvoie. Quand Brault filme ces jeunes filles qui parlent, s’excitent, rêvent et appréhendent, il capte l’intangible de cet âge, et il le fait avec une justesse surprenante. « Personne ne peut lire dans un cœur de 15 ans comme dans un livre ouvert. » Brault interprète les romans de ses jeunes héroïnes à l’aune de leurs regards échangés, leurs rires étouffés et les pas qu’elles esquissent sur le plancher de l’âge. Il parle des adolescentes avec les larmes que ça implique, les crises de foi, et l’espoir fébrile qui filtre la vision de cette vie à venir qu’on espère et repousse tout à la fois. Brault cherchait à faire un « cinéma du vécu ». Avec cette première incursion dans la « fiction » qu’il aborde en documentariste, son cinéma déborde de vie et déborde le cadre cinématographique. Il insuffle une fraîcheur qui transperce encore aujourd’hui l’écran, témoignant d’un Québec en plein bourgeonnement. Mai 68 n’est pas loin, la Révolution tranquille est en marche, les hordes de jeunes afflueront bientôt pour transformer drastiquement le cadre de vie. Le temps perdu résonne presque comme un paradis perdu ; celui de l’insouciance des jeunes baby-boomers, à qui le monde allait appartenir un instant.

Naomie Décarie-Daigneault
Directrice artistique de Tënk

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