Résumé
Ce film raconte l’histoire de Farah et Issa, deux enfants du camp de Chatila à Beyrouth, qui font appel à leur imagination et à leur créativité pour surmonter les épreuves quotidiennes dans ce camp de réfugié·e·s palestinien·ne·s ayant survécu au massacre, au siège et à la dépossession.
L'avis de Tënk
Les enfants de Chatila, ce sont des corps morts, et des femmes qui pleurent en fouillant les décombres. C’est un bébé de neuf mois porté sur les épaules de sa mère qui se fait éjecter par un éclat d’obus. La mère meurt. Le bébé est maintenant un homme en fauteuil roulant qui n’a jamais pu marcher. C’est un informaticien contraint de ramasser les déchets pour survivre, blessé dans sa dignité. Les enfants de Chatila, c’est un enfant écrasé par une voiture, survivant de quatre fractures à la tête et de sept fractures à la jambe, qui peine à suivre les leçons à l’école. C’est un enfant de 11 ans qui maudit le jour où il est né.
Mais pour que le film – et que la vie – soit supportable, Les enfants de Chatila, c’est aussi un attelage de gamins sur une vieille carriole tirée par un cheval blanc au milieu des voitures. Ce sont des enfants qui dansent des danses venues de leurs ancêtres et ayant résisté aux obus. Ce sont des adolescent·e·s qui rêvent de devenir astronautes et médecins au milieu des décombres. C’est cet enfant de 11 ans visité la nuit par le fantôme de sa grand-mère. C’est le sourire de cet enfant incroyable, filmant une parade de clowns dans les rues de son asile, rêvant aux oiseaux de son pays natal. Les enfants de Chatila, c’est le craquèlement des ruines qui laisse passer la lumière et qui nous en inonde.
Naomie Décarie-Daigneault
Directrice artistique de Tënk Canada