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Disponible en location
12 min
France, 1987

Production : Camera One
Français
Anglais

Les films de Alain Cavalier



Résumé


Chaque portrait de cette série est constitué d’un entretien entre Alain Cavalier et une femme exerçant un métier rare ou en voie de disparition. Sur leur lieu de travail, elles évoquent leur métier et ses techniques, leur formation et leur histoire, leurs goûts et leur vie quotidienne. Ces portraits ont un caractère autant documentaire qu’intimiste, et révèlent des personnalités et des univers de travail étonnants. Ici, Mme Bouveret, matelassière de profession, fabrique des matelas à la main depuis cinquante ans. Tout en la filmant au travail, le réalisateur l’interroge sur sa famille et sur sa vie.

L'avis de Tënk


Il existe un monde où des objets, usuels ou décoratifs (souvent les deux) émergent d’un travail manuel patient, laborieux, détaillé. En dehors du contexte de production industrielle, ces objets naissent d’un labeur humain, d’un savoir-faire minutieux et émouvant, d’une tradition s’étalant sur plusieurs générations. Alain Cavalier, en posant sa caméra tout aussi patiente et détaillée sur des pratiques artisanales en voie de disparition, rend compte de ce monde avec une émotion particulière. On y rencontre des femmes comme Aline Bouvrais, matelassière depuis ses 13 ans, quai des Célestins, fascinant sans y porter attention les passants qui s’arrêtent, émerveillés, la regarder travailler.

Alain Cavalier, cinq ans plus tôt, était lui-même tombé sur cette scène : Aline travaillant le soir tombé dans son atelier éclairé aux néons. « J’ai eu envie de vous filmer. » Suivant cette intuition toute cavalière, Alain observe Aline, commente et questionne. Portant dans son corps et dans ses doigts crochis par le labeur la mémoire de sa pratique, la matelassière continue de sourire, enfilant les gestes avec l’habileté d’une magicienne.

On peut se réjouir que ce monde-là n’ait pas encore tout à fait disparu, alors que l’on voit poindre le retour vers des pratiques artisanales brouillant encore davantage la ligne entre art et utilité et faisant un pied-de-nez bienvenu aux pratiques de plus en plus agressives du capitalisme mondialisé. Saura-t-on un jour allier la beauté des gestes à des conditions de travail dignes et à un statut reconnu? D’ici là, encourager l’artisanat, c’est nous relier à toute une chaîne de savoirs nous réinscrivant dans ce que l’évolution humaine a de plus bouleversant. 

 

Naomie Décarie-Daigneault
Directrice artistique de Tënk

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