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Disponible en location
105 min
France, 1997

Production : Les Films de l'Astrophore, Argos films

Programmé par Diane Poitras

Français
Anglais

Intimités numériques



Résumé


Une femme - Laura -, un ordinateur, un interlocuteur invisible : tel est le dispositif à partir duquel “Level Five” se construit. Cette femme a « hérité » d’une tâche : terminer l’écriture d’un jeu vidéo consacré à la bataille d’Okinawa - une tragédie pratiquement inconnue en Occident, mais dont le déroulement a joué un rôle décisif dans la façon dont la Deuxième Guerre mondiale s’est achevée.

Singulier jeu, en vérité. À l’inverse des jeux de stratégie classiques dont le propos est de renverser le cours de l’Histoire, il semble qu’il ne consente qu’à reproduire cette Histoire telle qu’elle s’est accomplie. En travaillant sur Okinawa, en rencontrant par l’intermédiaire d’un mystérieux « réseau » parallèle à Internet des informateurs et même des témoins de la bataille (parmi lesquels le cinéaste Nagisa Oshima), Laura accumule les pièces de la tragédie, jusqu‘au moment où elles commencent à interférer avec sa propre vie.

Comme tous les jeux vidéo, celui-là avance par niveau. Laura et son interlocuteur, intoxiqués par leur entreprise, ont fini par en faire une métaphore de la vie elle-même, et distribuent des « niveaux » à tout ce qui les entoure. Atteindra-t-elle le « level five » ?

L'avis de Tënk


Dans un dispositif complexe fait d’archives et de mise en scène, d’entrevues et de dialogues improvisés, de récit historique et d'histoire fictive, d’images synthétiques et de jeux en ligne, ce film dessine un trajet sinueux à travers autant de strates composant la mémoire et la connaissance.

 

Chris Marker invente l’histoire de Laura en 1997. C’était avant l’ère des médias socionumériques et l’explosion des jeux vidéo, mais déjà les échanges de la protagoniste avec le monde extérieur passent par l’ordinateur. Entre les quatre murs d’une pièce, elle interpelle, sur son écran, des interlocuteurs susceptibles de contribuer à la reconstitution d’un événement passé et recrée, par la caméra, des dialogues d’intimité avec l’amoureux disparu. Une mise en scène qui agit comme la métaphore de l’imbrication entre mémoire personnelle et mémoire collective.

 

Car dans Level Five, l’exercice obstiné du jeu et du journal intime crée un univers grave et tendu qui interroge nos rapports à ces technologies qui allaient devenir dominantes.

 

 

 

 

 

Diane Poitras
Cinéaste et professeure en pratiques documentaires

 

 

 

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