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Disponible en location

67'

Allemagne, 2020

Production : Pong Film

Programmé par Charlotte Selb

Arabe

Anglais, Français


2020 : Visions du Réel - Nyon (Suisse) | Compétition Internationale Longs Métrages


Expérimental



Résumé


Réalisé à partir d’images filmées par l’artiste syrienne Amel Alzakout après que le bateau sur lequel elle fuyait la Syrie eut fait naufrage au large de Lesbos, Purple Sea rend compte du moment où la co-réalisatrice et les autres passager.ère.s flottent dans l’eau avec leurs gilets de sauvetage, dans l’attente de secours. En off, sa voix accompagne cette expérience extrêmement poignante.

L'avis de Tënk


Amel Alzakout filme sa traversée depuis Istanbul, à partir d’où il faut naviguer 15 heures pour atteindre la Grèce. Elle documente ce passage avec une petite caméra étanche, qu’elle camoufle dans sa veste de sauvetage. Lorsque le bateau chavire, la caméra continue à filmer d’elle-même.

 

Alzakout voulait documenter ce périple d’abord pour elle. L’idée de réaliser un film à partir des rushes est venue plus tard, soulevant divers questionnements légaux : comment utiliser ces images sans affecter la dignité de celles et ceux qui y apparaissent ? Elle était ferme sur un point : aucun visage ne serait divulgué. La seule scène où, motivée par la colère, elle oriente sciemment la caméra vers un sujet – certes non humain – montre l’arrivée de l’hélicoptère militaire qui médiatise le naufrage du haut des airs.

 

Elle appose à ces images une narration poétique; une sorte de flux de conscience, d’histoire orale qui fait contrepoids aux discours médiatiques extérieurs dominants.

 

Pour elle, il est primordial de raconter son expérience en termes affectifs, en évitant de se représenter en victime. Quelles pensées occupaient la tête des gens dans cette attente de sauvetage? C’est la question qui motive sa narration dont le « je » devient générique, pouvant exprimer le vécu d’autres réfugié.e.s qui ont expérimenté cette traversée. Khaled Abdulwahed, son partenaire et coréalisateur, était une sorte de témoin qui suivait le point GPS et ne pouvait rien faire d’autre qu’attendre, déjà en Europe, aux prises avec un fort sentiment de culpabilité. La narration, rédigée à deux, construit une mosaïque affective à partir des sentiments vécus par l’un.e et par l’autre durant le moment de passage.
 
 

 

 

Gabrielle Ouimet
Directrice artistique de Tënk

 

 

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