Résumé
Clotheslines documente de manière poétique le rôle pragmatique, symbolique et artistique de la lessive dans la vie des femmes. Le film présente un récit vivant et intemporel, montrant comment l’énergie créative des femmes a été sapée par des tâches quotidiennes et comment ces tâches reflètent à leur tour une approche ritualisée de la vie.
L'avis de Tënk
Elles me font toujours penser à la maison, les cordes à linge. À Villeray, plus précisément, à ces lignes qui traversent le ciel étroit de ses nombreuses ruelles, à ces vêtements qui oscillent au vent; des petites taches de couleurs sur fond nuageux. « They’re like pieces of sculpture », dit une femme dans Clotheslines. Et c’est bien l’une des forces du film; à travers lui, la corde à linge est élevée en œuvre d’art joliment ordinaire alors qu’elle devient le symbole d’un travail domestique genré et sans cesse répété, génération après génération. Cadré avec révérence, l’objet se fait fil physique et métaphorique d’une histoire commune, d’une histoire de femmes qui nettoient, étendent, plient. À travers le film, une douce polyphonie s’installe. Des voix, toujours hors champ, témoignent tantôt d’une corvée abrutissante, tantôt d’une tâche cathartique; le fait de laver puis de sécher les vêtements devient un geste recueilli avec soin, magnifié délicatement par la caméra et l’enregistreuse de Cantow. La corvée est une mémoire partagée.
Charlotte Lehoux
Programmatrice