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72'

Canada, 2019

Production : Cinéma politica, Wide Open Exposure Productions

Programmé par Jason Burnham

Anglais

Français


Environnement



Résumé


À onze ans, l’exubérante et créative Aisha, d’origine Kwakwaka’wakw, a toujours détesté l’école publique : les enfants mesquins, la pression académique, le manque d’espace artistique – et le racisme. Il ne lui reste plus qu’un an à son école primaire du Downtown Eastside de Vancouver, mais elle en a marre. Ses rêves ne cadrent pas dans le curriculum colonial, et elle voudrait donc quitter l’école pour les réaliser. Si la plupart de ses proches s’inquiètent pour elle, sa mère Gunargie, survivante des pensionnats, voit plutôt ce choix de « décrochage » comme une occasion pour elle et sa fille de renouer avec leur culture, et avec elles-mêmes.

L'avis de Tënk


« Qui enseigne sans émanciper abrutit. » écrivait le philosophe Jacques Rancière dans son livre Le maître ignorant où il aborde avec originalité les grands enjeux de l’éducation. En se basant sur la pensée du pédagogue révolutionnaire Joseph Jacotot pour qui l’instruction est comme la liberté, c’est-à-dire qu’ elle ne se donne pas mais elle se prend, Rancière prône l’égalité et l’émancipation intellectuelle universelle.
Des mots qui trouvent écho dans ce premier long métrage documentaire de Jadis Mariette Dumas qui nous confronte aux tiraillements des diverses conceptions de l’éducation en suivant Aisha, brillante jeune fille d’origine Kwakwaka’wakw en perte de repère dans un système d’éducation contraignant à des milles des rituels de transmission de ses ancêtres. Une institution qui peut vite devenir déshumanisante, d’autant plus lorsqu’elle se révèle être un frein pour renouer avec son identité, sa culture et sa langue.
La grande beauté de ce film est qu’il nous donne à voir la complicité, le respect et l’écoute mutuelle entre Aisha et sa mère, pour qui les traumatismes des pensionnats sont encore bien présents et qui tente avec une infinie résilience de redonner à sa fille ce dont elle fut si violemment privée dans son enfance. Mais au-delà de la spécificité relative à la situation observée, c’est la pertinence et l’universalité des questionnements soulevés par la jeune Aisha qui nous concernent tous.
Comment concilier les attentes du système d’éducation avec les aspirations personnelles et l’héritage culturel propre à chaque enfant ? Comment apprendre à l’extérieur de l’éducation standardisée ? Ces questions sont nécessaires. Il faut réapprendre à apprendre et se donner l’espace pour le faire.

Jason Burnham
Assistant à la programmation de Tënk

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