Item 1 of 4

95 jours
16 min
Canada, 2025

Production : ALTRA films
Espagnol
Français, Anglais

Courts d'école



Résumé


Kilómetro 126 raconte une journée dans la vie d’un jeune couple passant ses derniers instants ensemble à découvrir leur ville natale. En s’attardant à de petits instants intimes et ordinaires de leur quotidien, le film les met en parallèle avec des images d’archives qui opposent la fondation d’une ville à son devenir, interrogeant ainsi les notions de développement et de progrès dans ces régions rurales.

L'avis de Tënk


Une fille. Et un garçon. Dans une petite ville colombienne reculée, entourée d’une végétation luxuriante et de voies ferrées envahies par la nature. Que signifie quitter un lieu qui a déjà été laissé derrière?

Nous sommes invité·e·s à entrer dans l’intimité de leur dernier jour ensemble, un récit en filigrane qui ne peut échapper à une ambiance sonore imprégnée à parts égales de nature et d’industrie. Des images d’archives insistantes et saisissantes relient leur présent à la promesse de la fondation de la ville — comme des spectres d’une histoire coloniale troublée. Des espoirs fragiles d’éducation et de moyens de subsistance. Faut-il rester ou partir… comme s’il s’agissait encore d’une question.

Dans Kilómetro 126, Felipe López Gómez revisite sa ville natale de La Cumbre, sans pitié ni consolation. Les moments de leur ambivalence sont saisis avec tendresse et lucidité, oscillant entre l’inattention désinvolte et les tensions empreintes de non-dits d’un couple à la croisée des chemins : elle se coiffe lentement devant un miroir — sa valise à moitié faite — puis se tourne vers la fenêtre. La beauté du cheval la captive. Il leur promet de construire des écuries, des cabanes à louer; iels pourraient planter des arbres, s’occuper de chiens et même de chats — partir à tout moment, aussi loin que son scooter pourra les emmener. Mais pour aller où?

La réponse surgit dans la logique implacable de la mondialisation actuelle — une équation complexe de race, de géographie et d’exploitation qui finit par dessiner une inégalité économique persistante et, oui, des souvenirs de sous-développement. Il n’y a pas de train. Seulement la brise. Et un unique coquillage, blanchi par le soleil, trouvé abandonné dans ces montagnes andines enclavées. Car la quête d’un avenir implique inévitablement de quitter son foyer et, malgré toute sa beauté, de voir un jeune amour se défaire.

 

 

Helen Lee
Cinéaste et ancienne étudiante de l'Université de York

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