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27'

Québec, 2014

Production : Les Productions du Golem

Programmé par Naomie Décarie-Daigneault

Sans dialogues


Arts



Résumé


Les tableaux d’Une courte histoire de la folie nous emmènent à travers l’histoire des traitements de la maladie mentale au Québec de la fin du 19e siècle à aujourd’hui par le biais de la danse contemporaine. Dans des lieux évocateurs, les solitudes prennent plusieurs visages, que ce soit dans la blancheur des institutions, dans l’œil d’une femme fascinée par un feu de circulation ou au cœur d’une chambre d’adolescentes. Le langage des corps comme autant de regards sur une réalité qui existe au-delà des époques.

L'avis de Tënk


L’histoire de la folie est une histoire sociale ; le fou joue diverses fonctions dans la société, et sa principale est peut-être de représenter en négatif le refoulé collectif. À la fois objet de fascination et de répulsion, la folie inquiète car elle est un basculement qui pourrait à tout moment advenir ; comment se prémunir de cette chute vers l’autre monde, où le langage ne parvient plus à faire tenir les structures internes et externes ? Comment éviter le déraillement ?
En traçant une histoire dansée des traitements psychiatriques au Québec, Isabelle Hayeur dévoile les mécanismes de normalisation et d’exclusion mis en œuvre, témoignage éminemment symbolique de chaque époque et de ce qu’elles recèlent comme interdits. Au fil d’une vaste recherche, s’inspirant de films scientifiques sur la psychiatrie et de documentaires pour élaborer la gestuelle des danseurs et danseuses, la réalisatrice donne à voir par le langage du corps les combats qui se jouent entre les éclatements intérieurs et l’organisation extérieure. Une courte histoire de la folie rappelle l’impuissance de nos sociétés, toutes entières tournées vers la productivité, à intégrer les déviant.e.s., véritable faillite collective qui dévoile la cruauté de l’ordre social. Au paradis du travail, la seule voie possible pour les lent.e.s, les déraillé.e.s, les à-côtés, les perdant.e.s, les magnifiques, c’est encore et toujours l’exclusion.

Naomie Décarie-Daigneault
Directrice artistique de Tënk

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