Résumé
Un groupe de jeunes cinéastes demandent à des habitant·e·s de Casablanca leur opinion sur le cinéma marocain afin d’en produire un film. Durant le tournage, une dispute éclate entre un débardeur et son supérieur, entrainant la mort accidentelle de ce dernier. L’équipe de tournage, qui a filmé la scène, s’interroge alors sur le mobile de cet homme et sur le rôle que peut jouer le cinéma dans la société, et les formes qu’il peut prendre.
L'avis de Tënk
Scène 1 — Extérieur, jour ou nuit. 1973.
Un bar de Casablanca, peut-être. Des conversations de comptoir qui semblent parler de tout et de rien, et un peu, aussi, de liberté. En hors champ, la voix d'un homme : « Stop! »
Faux documentaire et vrai film noir, De quelques événements sans signification brouille les pistes et nous donne à voir un « documenteur » qui, précisément par son mensonge, nous en dit énormément sur le réel. Le geste est performatif. Le film, en autocritique d'une certaine classe intellectuelle, nous invite à nous interroger, comme il le fait lui-même, sur ce que peut vraiment le cinéma. Il ne triche pas avec le réel, il le met en scène pour mieux le faire mentir, jusqu'à retourner cette imposture contre son propre cinéaste.
Longtemps invisible, sans doute parce que le constat d'impossibilité qu'il dresse — celui d'une société qui ne bouge pas — sonnait comme une provocation directe adressée aux années de plomb que traversait alors le Maroc. Il parle de ces années, c’est vrai. Mais il fait résonner des questionnements toujours contemporains.
Line Peyron
Responsable de diffusion de Tënk France