Résumé
J’entends les regards inouïs d’empaysement met en scène Nadia, qui plonge dans une réflexion identitaire à partir de son corps, de ce qu’il représente, depuis son amour du territoire et de son attachement à Matane, sa ville natale. Sa réflexion se fait à plusieurs voix. Dix femmes prennent la parole. Huit d’entre elles sont originaires de et/ou demeurent en Gaspésie, au Bas-Saint-Laurent et au Saguenay. Elles ont le même profil que Nadia : un parent eurodescendant et l’autre afrodescendant. Elles ont grandi dans un contexte familial et culturel québécois, francophone, catholique, blanc, en ayant peu ou pas de contact avec la culture du parent afrodescendant.
L'avis des Filministes
Nadia Gagné nous fait entrer dans cette œuvre chorale par le vent du fleuve, le murmure de sa voix, la cadence des vagues. Elle nous ouvre une fenêtre à contempler les yeux fermés, un espace d’écoute dans lequel recevoir l’expérience de la différence en contexte régional; une réalité invisibilisée dans la culture québécoise qui nous est donnée ici d’entendre, enfin. En tendant le micro à d’autres femmes qui partagent cette dualité entre identité perçue et identité vécue, elle invite à comprendre les complexités de la question d’appartenance à une culture, à une histoire nationale, à nos ancêtres. À travers un montage achronique et texturé, la réalisatrice propose de se laisser traverser par la poésie sonore du territoire qui l’a vue grandir.
L'équipe des Filministes