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Combat au bout de la nuit

Cinéaste : Sylvain L'Espérance Québec, 2016 PRODUCTION : Les films du tricycle
485'
Arabe, Français, Grec, Kurde, Persan Anglais, Français

À propos de ce film

Résumé

Tourné sur une période de deux ans, Combat au bout de la nuit nous entraîne dans un grand voyage au cœur de la Grèce actuelle. C’est là, dans ce pays précipité dans la tourmente par la domination d’une économie totalitaire, qu’émerge aussi chaque jour un refus obstiné de cette violence. Propulsé par des énergies complémentaires et dissonantes, le film est irrigué par un désir de liberté et par la force rebelle de ceux qu’il fait se rencontrer. Qu’ils soient Athéniens ou réfugiés afghans, soudanais, syriens, femmes de ménage ou travailleurs du port licenciés, médecin bénévole ou sans-abri, tous ces hommes et ces femmes, par leur présence et leurs récits, se répondent et tissent entre eux des filiations inattendues. En accompagnant ceux qui, du lieu où ils luttent, forgent un autre avenir, Combat au bout de la nuit est traversé par l'intuition profonde que dans le chaos du présent, un monde commun aux contours encore indéfinis cherche à naître.

L'avis de Tënk

L’immigrant que je suis, bien installé dans son pays d’accueil, regarde avec un mélange d’appréhension et de culpabilité du survivant la file de réfugiés arrivant d’Afghanistan, du Bangladesh, du Mali, de la Libye, de la Syrie. C’est la force du film : il crée l’espace et le temps nécessaires pour les accompagner. Comme pour savoir combien d’eau il reste dans leur cantine avant la traversée du désert, on absorbe tous les détails, les vêtements, le couvre-chef, le maigre bagage… Les paysages anonymes que les réfugiés parcourent rappellent les sentiers poussiéreux de Pasolini : « Le pouvoir de la civilisation de la consommation réussit à détruire les réalités particulières, en ôtant la réalité aux diverses manières d’être des hommes. »

Ailleurs, mais pas loin, dans les rues d’Athènes, se déroule le combat de femmes employées pour faire le ménage dans des bureaux de ministères et congédiées au nom de l’austérité. Des porte-conteneurs – gigantesques jouets Lego des puissants – traversent l’image. Le ton du film nous fait penser à la voix d’un oracle de la Grèce antique, terme qui désignait également le « fait d’informer ».

Carlos Ferrand
Cinéaste

Cinéaste

Sylvain L'Espérance

Né à Montréal en 1961, Sylvain L’Espérance a étudié les arts visuels et le cinéma. Depuis 30 ans, il a parcouru un chemin qui l’a conduit du Québec au Mali jusqu’en Grèce, réalisant une dizaine de films qui allient cinéma direct et recherche expérimentale dans une exploration poétique du réel. La place qu’occupent dans notre monde l’étranger et les communautés marginalisées est au cœur des préoccupations de chacun de ses films. Migrants, ouvriers, artisans, navigateurs, pêcheurs, bergers, chômeurs, sans-abri, ce sont les gens du peuple qui y parlent et s’y mettent en scène. Par le biais du théâtre de rue, du chant et de la poésie qu’ils pratiquent, ses films révèlent une parole politique et libre habitée par une force brute et indomptable.

Sélectionnés et primés dans les festivals de documentaire majeurs, les films de L’Espérance connaissent aujourd’hui un rayonnement international. Intérieurs du delta a reçu le Prix de la meilleure réalisation au Festival dei Popoli de Florence (2010) et Sur le rivage du monde, le grand prix de la compétition internationale au DOK.fest de Munich (2013). En 2019, il réalise Le chant d'Empédocle sélectionné aux RIDM et au DOK.fest Munich. Son dernier film Animal macula s'est mérité un prix spécial de la compétition nationale des longs métrages aux RIDM en 2021.