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Bande annonce
Encore 196 jours

Sans soleil

Cinéaste : Chris Marker France, 1983 PRODUCTION : Argos Films
100'
Anglais, Chinois, Français, Japonais

À propos de ce film

Résumé

Des lettres de Sandor Krasna, caméraman indépendant et double de Chris Marker, sont lues par une femme inconnue. Parcourant le monde, il demeure attiré par deux « pôles extrêmes de la survie », le Japon et l’Afrique, plus particulièrement la Guinée-Bissau et les îles du Cap-Vert. Le caméraman s’interroge sur la représentation du monde dont il est en permanence l’artisan, et le rôle de la mémoire qu’il contribue à forger.

L'avis de Tënk

Sans soleil de Chris Marker est un incontournable du cinéma documentaire. Mais qui voudrait bouder le plaisir infini que l’on éprouve à replonger dans cette observation hypnotique où l’on découvre immanquablement quelque chose qui nous avait échappé ? N’est-elle pas le présage de notre époque ? L’image qui questionne et confronte ce qu’elle s’évertue à capter : le temps. Celui d’une histoire commune fragmentée, celui d’un lieu, mais aussi celui des gens, de chacun d’entre nous. Car bien que Marker parle de l’impossibilité de la mémoire, les images opèrent malgré tout cette fonction. Elles deviennent celles du cinéaste qui se demande comment on pourrait autrement se souvenir de quoi que ce soit. Puis elles tracent un lien vers l’autre, cet Autre qui est inexorablement soi; et ensuite, projetée devant nos yeux, la mémoire du film devient alors la nôtre.

Si capter ce temps relève d’un vertige insoluble, il se matérialise ici au rythme d’une voix qui raconte, sans repos, les lettres qu’elle reçoit, à travers ces images qui lient le temps moderne de la ville de Tokyo à celui de l’Afrique, et celui de la guerre aux « banalités quotidiennes ». Le temps que façonne Marker relève d’une intimité qui se déploie entre nous et les autres, à travers son regard d’une bienveillance contagieuse, avec l’aisance que possède celui qui a le droit de tout scruter, tapi derrière sa lentille, plongeant au fond des regards, contemplant les moindres gestes, en étant là où l’on ne serait pas allé autrement.

Nadine Gomez et Khoa Lê
Cinéastes

Cinéaste

Chris Marker

Chris Marker nait en 1921 à Neuilly. Il débute des études de philosophie, vite interrompues par le conflit mondial. Après guerre, il travaille au sein de Peuple et culture, commence à écrire pour la revue Esprit et à réaliser ses premiers films dont Lettre de Sibérie qui le fit plus largement connaître. Écrivain, photographe, cinéaste et finalement artiste multimédia, Chris Marker est l'auteur d'une œuvre protéiforme et novatrice. Son goût pour l'expérimentation éclate dans La Jetée (1962), court-métrage d'anticipation annonçant ses thématiques de prédilection : le temps, la mémoire, la puissance des images. La même année, il tourne Le Joli Mai, dans les rues de Paris, dans l'esprit du cinéma direct. La décennie 70 est marquée par des films engagés dont le plus célèbre, Le fond de l'air est rouge (1977), dresse un bilan des luttes des sixties tout autour de la planète. Dans ce sillon politique, il explore les liens entre mémoire individuelle et histoire dans Sans soleil (1983) puis dans des hommages posthumes comme Le Tombeau d'Alexandre (1993). Dans les années 1990, le plus souvent en collaboration avec le Centre Pompidou de Paris, il conçoit plusieurs installations qui explorent les frontières entre réel et imaginaire. Il s'éteint à Paris à l'été 2012, faisant figure de référence pour les cinéastes contemporains.