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Bande annonce
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Et la vie

Cinéaste : Denis Gheerbrant France, 1991 PRODUCTION : Les Films d'ici
90'
Français

À propos de ce film

Résumé

Pendant un an, Denis Gheerbrant s'est rendu à Marseille, à Charleroi, à Bruay, à Genève, dans les banlieues industrielles en déclin.
« J'avais une règle du jeu qu'on peut énoncer comme suit : quelle image de toi-même mets-tu en scène dans ta vie ? »

Et la vie fait penser à une remarque de Louis Malle qui disait que le tournage de documentaire en cinéma direct accélérait considérablement la construction d'une amitié. Le spectateur garde l'impression que Denis Gheerbrant a réussi à nouer des amitiés rapides, mais fortes. Les propos de différents personnages concourent à dresser les contours d'un système de références commun à tous les grands bassins industriels, qu'ils soient du Nord ou du Sud.

Un grand thème les rassemble : la disparition de ce que l'on appelait la classe ouvrière.

L'avis de Tënk

Cinéaste de la rencontre et de la proximité, Denis Gheerbrant nous mène dans un voyage étonnant autour des territoires sacrifiés de la classe ouvrière, se liant au gré du hasard pour enregistrer et transmettre la langue bouleversante de celles et ceux qui survivent, entre isolement et espérance.

Tandis que sa caméra glane des fragments d’intimité et de mémoire, le documentariste construit patiemment un dialogue riche et éloquent avec ses protagonistes, recueillant toujours seul une parole fragile et imprévisible. Car Gheerbrant ne couvre ici aucun sujet ni enquête sociologique, l’art de son film est celui de l’instantané et du moment présent.

Dérivant par touches impressionnistes, Et la vie parvient alors à rendre sensible le destin collectif de l’individu et susciter un sentiment grisant de plus en plus rare sur nos écrans : celui d’une appartenance ample et frontale au peuple.

Terence Chotard
Cinéaste

Cinéaste

Denis Gheerbrant

Après des études à l’IDHEC, Denis Gheerbrant devient directeur photo. Il mène parallèlement un travail personnel de photographe. En 1968, il rejoint le groupe de cinéma militant Cinélutte, qui deviendra plus tard la société de production Les Films d’Ici, qui produira presque tous ses films. Il tourne son premier film, Printemps de square, en 1978, avec de jeunes Parisiens d’un quartier du 15e arrondissement.

Son travail de cinéaste s’inscrit dans la continuité du cinéma direct, mais à la première personne. Denis Gheerbrant filme seul et rencontre avec sa caméra des mondes, les autres, dans des relations suivies ou des rencontres fortuites. Son engagement humain l’entraîne vers ceux, souvent des jeunes gens, qui affrontent et subissent la violence sociale, ou simplement physique : La vie est immense et pleine de dangers (1994) ; Grands comme le monde (1998).

En 2009, La République Marseille, suite de sept films, fait l’événement au festival Cinéma du réel. Cinq ans après sort sur les écrans On a grèvé, film sur la lutte de femmes de chambre qui affrontent le deuxième groupe hôtelier d’Europe. Film après film, son cinéma de la rencontre de l’autre s’affirme jusqu’au magnifique Mallé en son exil. Le cinéma de Denis Gheerbrant dessine une ligne très singulière, dans la lignée de Jean Rouch ou de Johan van der Keuken, qui a largement influencé le cinéma documentaire.