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Le fond de l'air est rouge

Cinéaste : Chris Marker France, 1977 PRODUCTION : Iskra, INA, Dovidis
181'
Français Anglais

À propos de ce film

Résumé

Attendu comme le « film documentaire des années 1970 », "Le Fond de l’air est rouge" cherche à produire la synthèse lucide des efforts et des espoirs de la « nouvelle gauche », celle qui tentait d’échapper à l’autorité du communisme soviétique et de l’internationale communiste. De la guerre du Vietnam à la mort du Che, de Lénine à Mao, de Mai 68 au printemps de Prague, du Watergate au coup d’Etat du Chili, Chris Marker tente de faire le bilan des années d’engagement, de cette « Troisième Guerre mondiale » dont le théâtre des opérations fût à l’échelle de la planète. D’une durée de 4 heures lors de sa sortie en 1977, ramenée plus tard à 3 heures, ce film en deux parties constitue un extraordinaire montage des contestations qui embrasèrent les capitales du monde entier durant cette décennie rouge.

PREMIÈRE PARTIE : LES MAINS FRAGILES

  1. Du Vietnam à la mort du Che
  2. Mai 68 et tout ça

SECONDE PARTIE : LES MAINS COUPÉES

  1. Du printemps de Prague au programme commun
  2. Du Chili à - quoi, au fait ?

L'avis de Tënk

À quoi ressemblerait le monde d’aujourd’hui si les révolutions d’autrefois n’avaient pas toutes été mâtées ou subverties? Titre prémonitoire s’il en est, "Le fond de l’air est rouge" de Chris Marker brosse un portrait plutôt pessimiste et mélancolique des tentatives révolutionnaires échouées d’une certaine gauche radicale, qui semble déjà lointaine lors de la création du film en 1977, année annoncée du mouvement punk et de son fameux slogan « No Future ». Revisité et remonté en 1988, puis en 2008, le film est composé entièrement à partir d’images d’archives et d’actualités et se déploie en quatre parties. Débutant avec la guerre du Vietnam, il traverse Mai 68 et se conclut sur les événements entourant le coup d’État au Chili et la mort d’Allende en 1973. Aujourd’hui, le fond de l’air est lourd et c’est vraiment à se demander si une autre trajectoire n’aurait pas pu être envisagée.

Frédéric Savard
Archiviste et programmateur

Cinéaste

Chris Marker

Chris Marker nait en 1921 à Neuilly. Il débute des études de philosophie, vite interrompues par le conflit mondial. Après guerre, il travaille au sein de Peuple et culture, commence à écrire pour la revue "Esprit" et à réaliser ses premiers films dont "Lettre de Sibérie" qui le fit plus largement connaître. Écrivain, photographe, cinéaste et finalement artiste multimédia, Chris Marker est l'auteur d'une œuvre protéiforme et novatrice. Son goût pour l'expérimentation éclate dans "La Jetée" (1962), court-métrage d'anticipation annonçant ses thématiques de prédilection : le temps, la mémoire, la puissance des images. La même année, il tourne "Le Joli Mai", dans les rues de Paris, dans l'esprit du cinéma direct. La décennie 70 est marquée par des films engagés dont le plus célèbre, "Le fond de l'air est rouge" (1977), dresse un bilan des luttes des sixties tout autour de la planète. Dans ce sillon politique, il explore les liens entre mémoire individuelle et histoire dans "Sans soleil" (1982) puis dans des hommages posthumes comme "Le Tombeau d'Alexandre" (1993). Dans les années 1990, le plus souvent en collaboration avec le Centre Pompidou de Paris, il conçoit plusieurs installations qui explorent les frontières entre réel et imaginaire. Il s'éteint à Paris à l'été 2012, faisant figure de référence pour les cinéastes contemporains.