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Encore 44 jours
Bande annonce
Encore 44 jours

Herqueville

Cinéaste : Pierre Hébert Musique originale : Fred Frith Québec, 2007 PRODUCTION : Pierre Hébert
22'
Sans dialogue

À propos de ce film

Résumé

« Simplement une méditation sur un lieu. C'est un village de Normandie, perdu le long de la péninsule de la Hague. Il est accroché aux plus hautes falaises d'Europe, dominant un littoral particulièrement farouche, et est situé légèrement en contrebas de l'immense usine française de traitement de déchets nucléaires. Le poète Serge Meurant et la plasticienne Michelle Corbisier ont visité Herqueville à l'été 2003 et ont tiré de leur séjour un cycle de gravures et de poèmes célébrant la majesté architectonique du bord de mer.

Je suis allé tourner au même endroit en 2005 et mon effort cinématographique a consisté à exprimer l'effarante proximité des composantes d'un drame silencieux : l'usine, les falaises rocheuses, la mer et le modeste événement poétique. Le tout fut composé sur la musique providentiellement adéquate de Fred Frith, enregistrée lors d'une performance commune à San Francisco. Simplement ce lieu… »

Pierre Hébert

L'avis de Tënk

À Herqueville, dans le département de la Manche, en Normandie, se trouve l’une des plus grandes usines de traitement de déchets nucléaires au monde (l’usine de traitement de la Hague). Les déchets y sont vitrifiés puis stockés en grande profondeur, dans la masse granitique. En contrebas de l’usine se trouve le beau et paisible littoral d’Herqueville. Dans l’esprit d’exploration postmoderne et pluridisciplinaire qui marque son travail depuis Étienne et Sara en 1983, Pierre Hébert réalise ce film remarquable, reposant sur une conscience écologique aiguë qui s’exprime sans didactisme ni ostentation. Formellement, le résultat est proche de la poésie et de l’essai littéraire, le cinéaste y synthétisant ses recherches sur le métissage des arts et les intégrant à ses explorations, plus récentes, des outils numériques. Le résultat est bouleversant, Hébert retrouvant pour l’occasion son collaborateur de La technologie des larmes (le musicien anglais Fred Frith) ainsi que son collaborateur d’Étienne et Sara (le poète belge Serge Meurant). À ceux-ci s’ajoute l’artiste visuel Michelle Corbisier, dont les gravures agissent comme une première interprétation du paysage qu’Hébert réinterprète par ses interventions animées. On retrouvera de semblables préoccupations dans le long métrage Le mont Fuji vu d’un train en marche, qu’Hébert réalise en 2021.

Marcel Jean
Directeur général de la Cinémathèque québécoise

Cinéaste

Pierre Hébert

Pierre Hébert est un cinéaste, performeur et artiste visuel québécois. Il poursuit depuis bientôt soixante ans une faste carrière, comptant à son actif plus de quarante films dont trois longs métrages (La plante humaine en 1996, Le film de Bazin en 2017 et Le mont Fuji vu d’un train en marche en 2021). Pierre Hébert a travaillé à l’ONF de 1965 à 1999, puis quitte pour devenir réalisateur et artiste indépendant. Depuis, son travail a pris une ampleur multidisciplinaire ; performances d'animation en direct avec des musiciens, installations vidéo, collaborations avec des chorégraphes, dessin, et actions sur le web. Il a publié plusieurs livres sur le cinéma ainsi que deux livres de dessins. Depuis 2010, il poursuit le projet Lieux et monuments, entremêlant animation et documentaire, pour lequel il a reçu en 2012 la prestigieuse bourse de carrière du Conseil des arts et des lettres du Québec. En 2005, Pierre Hébert a été récipiendaire du prix Albert-Tessier pour l’ensemble de son œuvre et, en 2018, d’un doctorat honorifique de l’Emily Carr University of Art and Design de Vancouver.