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Encore 36 jours
Bande annonce
Encore 36 jours

Beppie

Cinéastes : Johan van der Keuken , Ed van der Elsken Pays-Bas, 1965 PRODUCTION : Lucid Eye Films
38'
Néerlandais Anglais, Français

À propos de ce film

Résumé

Beppie a dix ans. Issue d'un milieu ouvrier, c'est une vraie gamine d'Amsterdam, drôle et pleine d'esprit. Spontanée, elle raconte pendant plusieurs mois ses aventures au cinéaste qui la suit dans sa vie quotidienne. Avec une totale liberté d’approche, Johan van der Keuken élabore en même temps qu’un portrait de l’enfant, celui de la ville.

L'avis de Tënk

Beppie ou la forme. La beauté exceptionnelle du film repose sur ce regard moderne (les êtres filmés par Johan van der Keuken sont des formes), mosaïque de points de vue sur cette petite fille : sainte profane du prolétariat d'Amsterdam, magnifiquement insolente avec sa frange « à la Jeanne d'Arc ». Le film est une ode à son visage – abondamment illuminé par des images de cinéma, puis par une pincée de musique sacrée. On pense à la Falconetti chez Dreyer. La rue triste de l’hiver le long du canal et un gros plan des flaques d’eau où se reflètent les maisons noires et pointues comme une frise, puis un panoramique, guident notre regard vers une petite main fermée qui montre sa bague d’enfant. De nouveau la rue, l’hiver, gros plan des mocassins de Beppie, de ses collants jusqu’aux genoux. Son existence triomphe et éclaire tout de sa joie. Van der Keuken est le cinéaste moderne par excellence, sa musicalité nous emporte et court devant nous, puis lentement l’histoire surgit au fil du film (on la connaissait d’avance).

Claire Simon
Réalisatrice

Arnaud Hée
Programmateur, enseignant et critique

Cinéastes

Johan van der Keuken

Cinéaste documentaire et photographe néerlandais, Johan van der Keuken (1938-2001), a parcouru le globe à la recherche d’images et de récits, caméra 16 mm à l’épaule. Il a tourné absolument tous ses films en pellicule, ce qui fait figure d’exception dans le monde documentaire. Réalisateur incontournable, van der Keuken a bouleversé les règles de montage établies. Très jeune, il fait de la photo et publie son premier album dès 1955, Nous avons 17 ans et entre à l'IDHEC à Paris en 1956 menant dès lors une activité de photographe, de cinéaste et de critique. Il réalise son premier film Un moment de silence en 1960. À sa mort, il nous laisse une œuvre engagée et universelle, riche d’une cinquantaine de films, dont on peut citer L'enfant aveugle (1964), Les vacances du cinéaste (1974), Vers le sud (1981), L'œil au-dessus du puits (1988), Amsterdam Global Village (1996), ou encore Vacances prolongées (2000).

Ed van der Elsken

Ed van der Elsken (1925-1990) est une figure unique de la photographie et du cinéma documentaire néerlandais du XXe siècle. En photographie, son domaine de prédilection est la rue. En rupture avec la photographie documentaire de son époque, il fait corps avec son sujet. La modernité de ses images et leur caractère quasi cinématographique s’accordent avec le modèle de vie anticonformiste des jeunes gens dont il partage le quotidien à Paris, Amsterdam, Hong Kong ou Tokyo. Souvent qualifié de « photographe des marginaux », il recherchait une forme d’esthétique, de vérité plastique, sans artifice, une beauté parfois ouvertement sensuelle et même érotique. Ed van der Elsken était fasciné par les personnages fiers, exubérants et pleins de vitalité.