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L'ambassade

Cinéaste : Chris Marker France, 1973 PRODUCTION : Les films du jeudi
21'
Français

À propos de ce film

Résumé

Des fragments de films Super 8 trouvés dans une ambassade montrent des réfugiés politiques qui organisent leur vie en transit dans ce territoire d'asile après un coup d'État militaire dans un pays inconnu.

L'avis de Tënk

Marker écrivain.
Marker militant.
Marker observateur à distance, analyste-poète des réalités, extraterrestre ultrasensible venu du futur qui filme, tristement fasciné, les agitations de compagnons d’un autre temps.
Marker mélancolique, de celui qui a tant aimé, tant espéré, et qui voit, désolé, partir en lambeaux les paysages de ses rêves.

L’ambassade, ce « film trouvé » est un film qui résonne étrangement dans la filmographie de Marker. Genre de fiction-tract ou documentaire d’anticipation réalisé pour le premier festival de films en Super 8 ayant eu lieu en décembre 1973 à Paris, ce moyen métrage traduit toute la désillusion d’une époque. Il se situe au croisement de tous les Marker, comme un testament de milieu de vie, un message oublié dans une bouteille, un sursaut de l’idéalisme des années 60 qui disparaît.

Intellectuel.le.s, militant.e.s et « professionnel.le.s de la politique » sont réuni.e.s dans une ambassade au lendemain d’un coup d’État. Septembre 1973, quelques semaines avant le tournage, c’est la chute tragique d’Allende. Marker invente un dispositif à l’intersection des pays et des temporalités pour témoigner du basculement vers un après, le passage d’une frontière.

« Comme dans toutes les prisons, on s’imagine parler d’ailleurs en parlant d’avant. »

La ville qu’ils avaient connue libre, c’est la ville de leurs rêves piétinés. À présent, ce sont les chiens de la bourgeoisie qui tiennent le pouvoir, et ils ne le lâcheront pas.

Naomie Décarie-Daigneault
Directrice artistique de Tënk

Cinéaste

Chris Marker

Chris Marker nait en 1921 à Neuilly. Il débute des études de philosophie, vite interrompues par le conflit mondial. Après la guerre, il travaille au sein de Peuple et culture, commence à écrire pour la revue Esprit et à réaliser ses premiers films dont Lettre de Sibérie qui le fit plus largement connaître. Écrivain, photographe, cinéaste et finalement artiste multimédia, Chris Marker est l'auteur d'une œuvre protéiforme et novatrice. Son goût pour l'expérimentation éclate dans La Jetée (1962), court-métrage d'anticipation annonçant ses thématiques de prédilection : le temps, la mémoire, la puissance des images. La même année, il tourne Le Joli Mai, dans les rues de Paris, dans l'esprit du cinéma direct. La décennie 70 est marquée par des films engagés dont le plus célèbre, Le fond de l'air est rouge (1977), dresse un bilan des luttes des sixties tout autour de la planète. Dans ce sillon politique, il explore les liens entre mémoire individuelle et histoire dans Sans soleil (1983) puis dans des hommages posthumes comme Le Tombeau d'Alexandre (1993). Dans les années 1990, le plus souvent en collaboration avec le Centre Pompidou de Paris, il conçoit plusieurs installations qui explorent les frontières entre réel et imaginaire. Il s'éteint à Paris à l'été 2012, faisant figure de référence pour les cinéastes contemporains.