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Stendali

Cinéaste : Cecilia Mangini Italie, 1959 PRODUCTION : Archivo Cinema del Reale, Vette Filmitalia
11'
Italien Anglais, Français

À propos de ce film

Résumé

Jusqu’à il y a peu de temps, à Martano, dans la région des Pouilles dans le sud de l’Italie, la veillée mortuaire se faisait à domicile pour les femmes - à qui il était défendu d’assister à l’enterrement - en présence des pleureuses professionnelles. Ce documentaire de Cecilia Mangini sur les rites mortuaires pose un regard sur la féminité dans sa dimension expressive et émotive. L’éloge funèbre, sous forme d’un chant scandé en griko (dialecte de la région), est traduit dans un registre hautement poétique par Pier Paolo Pasolini, collaborateur fréquent de la cinéaste.

L'avis de Tënk

Un groupe de femmes vêtues de noir pleure un jeune défunt : la lamentation fait partie d’un rituel bien précis. Il s’agit de l’unique témoignage cinématographique de l’ancien rite, désormais disparu, du chant funèbre en griko, inspiré de la leçon du cinéma soviétique d’avant-garde et des œuvres de l’ethnologue Ernesto De Martino.

Une « mise en scène » de la réalité à l’impact visuel et sonore extraordinaire, obtenu en ébranlant l'objectivité du plan fixe et en multipliant les points de vue et les détails. Le montage pressant accompagne l'intensité du rituel dans un crescendo tourbillonnant, entrelaçant les images, les paroles du commentaire signé par Pier Paolo Pasolini et l'extraordinaire bande originale composée par Egisto Macchi.

Des visages comme des pierres, des gestes très anciens et l'exorcisme de la mort donnent vie à un tableau sans égal dans le cinéma documentaire contemporain. Ici, la forme visuelle baigne dans le rituel, prend son apparence, absorbe la charge émotionnelle du texte écrit par Pasolini.

Paolo Pisanelli
Cinéaste et collaborateur de Cecilia Mangini

Marina Mazzotti
Programmatrice (FIFF et FIDÉ) et amie de Cecilia Mangini

Cinéaste

Cecilia Mangini

Cecilia Mangini est une cinéaste, documentariste et photographe née en Italie en 1927, dans les Pouilles, et décédée à l'âge de 93 ans en janvier 2021, à Rome. D'abord photographe, elle pose dès ses débuts un regard engagé, attentif et personnel sur l’individu et la société, avec une attention particulière aux thèmes de la marginalité, de l’immigration et des injustices sociales. Première femme en Italie à tourner des documentaires dans l’après-guerre, auteure de quelques longs métrages et de plus de quarante courts métrages en grande partie coréalisés avec son mari Lino Del Fra, elle a su mettre en évidence la transition de son pays qui s’éloignait – parfois lentement – du fascisme, vers une société industrielle. Son itinéraire croise ceux de Vittorio De Seta, Gianfranco Mingozzi, Florestano Vancini, Vasco Pratolini et de Pier Paolo Pasolini, à qui elle confie la rédaction du commentaire de trois courts métrages présentés ici. Cecilia Mangini a transmis aux générations futures quelques-unes des plus belles images de l’Italie des années 50 et 60.