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Bande annonce
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Ma richesse a causé mes privations

Cinéastes : Robert Morin , Lorraine Dufour Québec, 1982 PRODUCTION : Coop Vidéo de Montréal
27'
Français Anglais

À propos de ce film

Résumé

Marié, propriétaire d'un studio de culture physique, d'une maison et de deux rutilantes automobiles, André Guilbault vit très confortablement. Afin de maintenir son niveau de vie, il décide de retourner à la compétition, malgré ses 40 ans. Il espère ainsi décrocher le titre de Monsieur Montréal, ce qui favoriserait le recrutement de nouveaux membres pour son studio.

L'avis de Tënk

Quelques années à peine après que le documentaire américain Pumping Iron (1977) ait dévoilé le charisme indéniable d’Arnold Schwarzenegger, Robert Morin braque sa caméra vidéo sur André Guilbault, un entrepreneur dont la carte maîtresse est son physique herculéen. Incursion dans un univers extrêmement codifié à l’accès difficile ; pour pavaner dans ces sphères olympiennes, il faut réguler tout son quotidien autour de son propre corps. Pour recruter de nouveaux membres, il faut nécessairement forcer le respect et donc composer avec les sacrifices requis. Mode de vie tout sauf naturel qui exerce pourtant une fascination certaine. Ces messieurs musclés, autant athlètes qu’artistes, ne semblent exister que pour l’approbation du public. Entre eux, les étirements, prises de photos, poses, massages et huilages se déroulent dans la camaraderie franche. Lorsqu’il est seul cependant, confronté à son simple reflet, le culturiste ne semble pas tout à fait comblé. Jamais satisfait non plus, car on pourrait toujours raffermir tel triceps ou définir davantage tel muscle abdominal. La quête du culturiste est sisyphéenne, au sens quasi littéral. La vidéo, médium que Morin poussera plus loin que quiconque, désacralise le procédé, supprime le glamour et permet de faire de ces demi-dieux des êtres réels.

Paul Landriau
Directeur de la programmation, Plein(s) Écran(s)

Cinéastes

Robert Morin

En un peu plus de trente ans, Robert Morin a signé une trentaine d'œuvres dont plusieurs ont été primées ici et à l’étranger. Sa filmographie a été couronnée par les plus hautes distinctions, dont le prix du Gouverneur général du Canada en arts visuels et en arts médiatiques et celui d’Albert-Tessier au Québec. Son œuvre est vaste et importante. Depuis les années 70, il n'a cessé de multiplier les projets, d'imposer non seulement son style et sa vision du monde, mais une manière de faire du cinéma et de la vidéo en artiste qui n'accepte aucun compromis. Il a donné au cinéma québécois des films incontournables qui ont influencé toute une jeune génération venue après lui. L'imagination chez ce cinéaste engagé férocement au cœur du quotidien est inséparable du regard critique qu'il porte sur la société.

Lorraine Dufour

Depuis 40 ans, Lorraine Dufour est la force vive et la cheville ouvrière de la Coop Vidéo de Montréal. Comme productrice, monteuse et réalisatrice, elle a participé à la création d’une trentaine de films, parmi les plus marquants du catalogue. En 1991, elle reçoit avec Robert Morin le premier prix Bell Canada du Conseil des Arts du Canada pour l’ensemble de leur œuvre vidéo, composée de nombreux courts et moyens métrages, dont Gus est encore dans l’armée (1980), Toi t’es-tu Lucky? (1984) et des longs métrages Tristesse modèle réduit (1987), La réception (1989). Membre fondatrice de la Coop Vidéo, Lorraine Dufour a notamment collaboré avec plusieurs autres membres sur leurs films, la plupart du temps comme productrice et monteuse. Elle a collaboré notamment avec Catherine Martin, Bernard Émond, Denis Chouinard et Louis Bélanger. Toujours active à la Coop Vidéo de Montréal, Lorraine Dufour agit comme trésorière et présidente au sein du conseil d’administration.