Encore 59 jours

Le temps des bouffons

Cinéaste : Pierre Falardeau Québec, 1993 Production : Pierre Falardeau
15'
Français Anglais

À propos de ce film

Résumé

Chaque année, la bourgeoisie canadienne se réunit au banquet du Beaver Club. Elle y célèbre le vieux système d'exploitation coloniale britannique et son avatar moderne, le néocolonialisme canadien.

Compétition internationale 1995

L'avis de Tënk

"Le Temps des bouffons" est un film jubilatoire !

Dupliqué clandestinement par l’auteur, diffusé sous le manteau, primé ici ou là à l'étranger (Clermont-Ferrand, 1995), le film part des images des "Maîtres fous" de Jean Rouch et du colonialisme que subit le Québec, depuis le rapt du pays en 1759, en passant par la crise d’Octobre 1970.

"Au Ghana, les pauvres mangent du chien. Ici, les chiens mangent du pauvre."

Le langage abrasif et souple du film tourne et retourne le réel pour le mettre à nu et à vif. Le regard ethno s’embrase en une œuvre enragée.

On a fait au film le procès de la vulgarité. Si les bouffons sont vulgaires, poètes sont les fous. Car c’est un film de poète, et de fou, qui use d’un vocabulaire occulté pour dire ce qui peut se dire de mieux, sur l’arrogance crasse d’un banquet de descendants de voleurs devenus nantis, de ministres abouchés au secteur privé – et qui s’applaudissent. "We are magnificent people".

Depuis 1985, le film a toujours été juste, et sa rage – vivifiante.

Jimmy Deniziot
Pré-sélectionneur pour les États généraux
du film documentaire - Lussas

Cinéaste

Pierre Falardeau

Né à Montréal en 1946, Pierre Falardeau est rapidement devenu un des réalisateurs les plus en vue du cinéma et de la vidéo d'ici. Après des études en ethnologie, il est venu au cinéma par le documentaire, puis est passé à la fiction. Son franc-parler, ses prises de position politiques et sociales de même que ses montées contre le fédéralisme et l'exploitation coloniale des travailleurs ont fait de lui un intellectuel des plus colorés. S'étant à maintes reprises heurté au refus systématique des programmes d'aide cinématographique des gouvernements, son œuvre est synonyme de persévérance, de provocation et de dénonciation. En 1993, dans la suite logique de sa production vidéo, il fait circuler sous le manteau une vidéo manifeste tournée en 1985, "Le temps des bouffons". Outre la série culte des "Elvis Gratton", il a réalisé, entre autres, "Le Party", "Octobre" et "15 février 1839". Pierre Falardeau est décédé en 2009.