Ce contenu n'est pas disponible dans votre pays
Encore 35 jours
Bande annonce
Encore 35 jours

Les désoeuvrés

Cinéaste : René Bail Québec, 1959 - 2007 PRODUCTION : René Bail
73'
Français

À propos de ce film

Résumé

À la fin de la Grande Noirceur au Québec, quatre ados d’un village des Laurentides partent en exploration dans les bois avec le camion de l’oncle de deux d’entre eux.

Pour aller plus loin

Adagio pour un gars de bicycle de Pascale Ferland
Le film, disponible sur Tënk, raconte l'épopée qui lie René Bail et le cinéaste Richard Brouillette et qui permettra l'achèvement du film Les désœuvrés.

Manifeste pour le cinéma libre
Un texte de René Bail, rédigé en 1972

Le cinéma n'existe pas,
du fait que l'oligarchie qui le possède l'a mythifié au tout début,
pour en faire un instrument d'aliénation pour tous ceux qui en
sont concernés,
à partir du créateur de film, jusqu'au consommateur.

Il faut donc que le cinéma circule librement,
que chaque bobine de film soit mise en vente,
pour que le cinéma devienne le véhicule de la pensée.
Alors, nous verrons du cinéma.

( Extrait du Manifeste pour le cinéma libre )

L'avis de Tënk

Les désœuvrés est une œuvre d’exception à de nombreux égards. Premier long métrage de fiction d’auteur au Québec, réalisé de façon totalement indépendante et avec des moyens de fortune, il est à la fois traversé par un élan documentaire et un grand désir d’authenticité. Ainsi, la très longue introduction de plus de 30 minutes qui précède « l’histoire » centrale – si tant est que le désœuvrement d’une bande de « heunes » puisse en constituer une – s’avère un réel portrait documentaire du village de Pine Hill et de l’ouest des Laurentides, que Bail connaissait comme le fond de sa poche pour y avoir passé tous ses étés depuis sa prime enfance. S’inspirant directement (séquence de la descente de rivière) ou indirectement de l’approche de Robert Flaherty, en particulier celle de Louisiana Story, en cherchant à s’éloigner de celle de Rouquier (Farrebique, qu’il trouvait trop artificiel), Bail désirait, en outre, mettre en images la fin d’une époque, celle de la Grande Noirceur et de la mainmise du clergé qu’il exécrait du plus profond de son être. Ainsi, malgré son air faussement anodin, Les désœuvrés constitue un geste politique subtil.

Son approche naturaliste, qui met à l’écran des comédiens non professionnels parlant la langue québécoise de tous les jours (près d’une décennie avant Les Belles-sœurs de Tremblay), se démarque radicalement de toute la production cinématographique de l’époque.

L’inventivité de Bail, tant au plan technique (à une époque où le son n’est pas encore synchrone) que créatif (montage, mise en scène, prises de vue), contribue à la singularité de l’œuvre. Le cinéaste, qui était non-conformiste, marginal et insoumis, a réalisé le film entièrement seul, allant jusqu’à développer la pellicule lui-même.

Enfin, il est important de souligner que Bail était à tel point insatisfait de la première version du film (1959) qu’il refusa longtemps de le diffuser en public. Près de 50 ans plus tard, usant à nouveau de son ingéniosité (quelques nouveaux tournages, plusieurs repiquages d’extraits de ses autres films, beaucoup d’effets optiques, etc.), il consacra la fin de sa vie à conformer le film à la vision originale qu’il en avait. Quelques mois plus tard, il mourut heureux.

Richard Brouillette
Cinéaste et producteur délégué sur Les désoeuvrés (2007)

Cinéaste

René Bail

René Bail est un réalisateur, acteur, monteur et scénariste québécois (1931-2007). Il se fait la main sur un grand nombre de courts métrages 8 mm avant de réaliser en 1957 le documentaire Printemps, œuvre expérimentale et poétique. Cinéaste marginal, peu connu, Bail est aussi l’auteur d’un Manifeste pour le cinéma libre (1972) qui constitue une réflexion pénétrante sur les particularités esthétiques du cinéma et sa trop grande dépendance face aux agents économiques. En 1972, un terrible accident de moto interrompt ses activités de cinéaste. En 2006, avec l'aide du cinéaste Richard Brouillette, il termine son film Les désœuvrés, réalisé en 1959 et auquel à laquelle il ajoute quelques scènes. Pascale Ferland lui consacre un documentaire, Adagio pour un gars de bicycle en 2008, permettant de revisiter son parcours et de saisir l'importance vive qu'il a eu dans la cinématographie québécoise.