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Bande annonce
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Printemps

Cinéaste : René Bail Québec, 1957 PRODUCTION : René Bail
11'
Français

À propos de ce film

Résumé

Documentaire d’une grande richesse poétique, Printemps est scénarisé, tourné, enregistré et monté par René Bail. Fort expérimental pour l’époque - notamment au plan de la bande sonore, brillamment conçue -, ce film évoque la saison printanière à travers la récolte des sucres.

L'avis de Tënk

Pour ce film créé en 1956, René Bail conçoit une bande sonore singulière à partir de chants et musiques folkloriques lors d’une « partie de sucre », rassemblement traditionnel pour les familles « canadiennes-françaises ». Au plan formel, le cinéaste innove en amorçant son film dans un long noir sonorisé par des voix et des instruments qui s’accordent. Dès que les musiciens se mettent à jouer, un générique dessiné à la main apparaît. Se révèle un montage bricolé, mais fluide, où le naturel des dialogues se fait précurseur d’un cinéma dit « de vérité ». À mi-chemin entre réalisme ethnographique et expérimentation formelle, le film se termine sur un chant a capella qui se substitue drastiquement au son plus réaliste d’une scie mécanique. S’ensuit le montage saccadé d’un arbre qui tombe, puis le son coupe alors qu'apparaît l’image des trois bûcherons qui s’éloignent lentement de la caméra. De cette image silencieuse émane la métaphore d’un récit des temps anciens, desquels nous sommes collectivement forgés, et dont le cinéma se fait le véhicule nostalgique d’une véritable poésie.

Pascale Ferland
Cinéaste

Cinéaste

René Bail

René Bail est un réalisateur, acteur, monteur et scénariste québécois (1931-2007). Il se fait la main sur un grand nombre de courts métrages 8 mm avant de réaliser en 1957 le documentaire "Printemps", œuvre expérimentale et poétique. Cinéaste marginal, peu connu, Bail est aussi l’auteur d’un "Manifeste pour le cinéma libre" (1972) qui constitue une réflexion pénétrante sur les particularités esthétiques du cinéma et sa trop grande dépendance face aux agents économiques. En 1972, un terrible accident de moto interrompt ses activités de cinéaste. En 2006, avec l'aide du cinéaste Richard Brouillette, il termine son film "Les désœuvrés", réalisé en 1959 et auquel il ajoute quelques scènes. Pascale Ferland lui consacre un documentaire, "Adagio pour un gars de bicycle" en 2008, permettant de revisiter son parcours et de saisir l'importance vive qu'il a eu dans la cinématographie québécoise.