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De chaque instant

Cinéaste : Nicolas Philibert France, 2018 PRODUCTION : ARCHIPEL 35
105'
Français Anglais

À propos de ce film

Résumé

Chaque année, elles sont des dizaines de milliers à se lancer dans les études qui leur permettront de devenir infirmières. Admises au sein de l'Institut de formation en soins infirmiers, elles vont partager leur temps entre cours théoriques, exercices pratiques et stages sur le terrain. Un parcours intense et difficile, au cours duquel elles devront acquérir un grand nombre de connaissances, maîtriser de nombreux gestes techniques et se préparer à endosser de lourdes responsabilités. Ce film retrace les hauts et les bas d’un apprentissage qui va les confronter très tôt, souvent très jeunes, à la fragilité humaine, à la souffrance, la maladie, et aux fêlures des âmes et des corps.

L'avis de Tënk

Quelle est la place du soin dans nos sociétés individualistes ? Depuis deux ans, tout est en place pour nous forcer à un éveil collectif : aîné.e.s oublié.e.s et abandonné.e.s, système de santé ultra fragilisé, soignant.e.s qu’on porte aux nues mais dont on nie l’accès à des conditions de travail dignes, épuisement collectif… La lumière se fait de plus en plus sur des métiers typiquement féminins dont les conditions d’exercice dévoilent là encore un traitement discriminatoire. À ces professions du soin dont on affuble rapidement l’épithète de « vocation », on n’accorde ni la reconnaissance, ni les justes moyens. Or, qui souffre de ce mépris institutionnalisé pour le « care » ? Certainement tout le corps social. À voir ces infirmières apprendre les gestes du métier, incorporer ce savoir si précieux et mystérieux que celui de la relation à l’autre, se coltiner à la vulnérabilité, à la mort, à la douleur, on se dit que l’humanité survit à tout, même aux institutions injustes. Tant que des individus continuent d’être touchés et de toucher à leur tour, dans la sollicitude, l’humanité est préservée. Bienheureuse sollicitude.

Naomie Décarie-Daigneault
Directrice artistique de Tënk

Cinéaste

Nicolas Philibert

Nicolas Philibert est né à Nancy en 1951. Après une licence de philosophie, il se tourne vers le cinéma et devient assistant-réalisateur, notamment auprès de René Allio et Alain Tanner. Après avoir tourné pendant quelques années des films de montagne et d'aventure sportive pour la télévision, il se lance dans la réalisation de longs métrages documentaires qui seront tous distribués en salles. En 2001, Nicolas Philibert réalise Être et avoir, qui connaîtra un immense succès en France et dans le monde entier. Depuis une quinzaine d'années, plus de 120 hommages et rétrospectives de ses films ont été organisés de par le monde.

Si Philibert a surtout réalisé des documentaires, il précise toutefois que le mot documentariste « contribue à dresser une frontière autour d’un genre qui n’a jamais cessé d’évoluer et dont chacun connaît au contraire la porosité, la variabilité des tracés, les liens presque consanguins qu’il entretient avec celui qu’on lui oppose toujours, celui de la fiction ».