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Une courte histoire de la folie

Cinéaste : Isabelle Hayeur Québec, 2014 PRODUCTION : Les Productions du Golem
27'
Sans dialogue

À propos de ce film

Résumé

Les tableaux d’Une courte histoire de la folie nous emmènent à travers l’histoire des traitements de la maladie mentale au Québec de la fin du 19e siècle à aujourd’hui par le biais de la danse contemporaine. Dans des lieux évocateurs, les solitudes prennent plusieurs visages, que ce soit dans la blancheur des institutions, dans l’œil d’une femme fascinée par un feu de circulation ou au cœur d’une chambre d’adolescentes. Le langage des corps comme autant de regards sur une réalité qui existe au-delà des époques.


En complément

La réalisatrice Isabelle Hayeur nous partage « 3 histoires vraies » lors du Ciné-club Les Dames des Vues de Réalisatrices Équitables.

L'avis de Tënk

L’histoire de la folie est une histoire sociale ; le fou joue diverses fonctions dans la société, et sa principale est peut-être de représenter en négatif le refoulé collectif. À la fois objet de fascination et de répulsion, la folie inquiète car elle est un basculement qui pourrait à tout moment advenir ; comment se prémunir de cette chute vers l’autre monde, où le langage ne parvient plus à faire tenir les structures internes et externes ? Comment éviter le déraillement ?

En traçant une histoire dansée des traitements psychiatriques au Québec, Isabelle Hayeur dévoile les mécanismes de normalisation et d’exclusion mis en œuvre, témoignage éminemment symbolique de chaque époque et de ce qu’elles recèlent comme interdits. Au fil d’une vaste recherche, s’inspirant de films scientifiques sur la psychiatrie et de documentaires pour élaborer la gestuelle des danseurs et danseuses, la réalisatrice donne à voir par le langage du corps les combats qui se jouent entre les éclatements intérieurs et l’organisation extérieure. Une courte histoire de la folie rappelle l’impuissance de nos sociétés, toutes entières tournées vers la productivité, à intégrer les déviant.e.s., véritable faillite collective qui dévoile la cruauté de l’ordre social. Au paradis du travail, la seule voie possible pour les lent.e.s, les déraillé.e.s, les à-côtés, les perdant.e.s, les magnifiques, c’est encore et toujours l’exclusion.

Naomie Décarie-Daigneault
Directrice artistique de Tënk

Cinéaste

Isabelle Hayeur

Productrice, scénariste et réalisatrice, Isabelle Hayeur a écrit et réalisé trois longs métrages de fiction : La bête de foire (1993), prix Luce-Guilbault aux Rendez-vous du cinéma québécois, Les Siamoises (1999), présenté au prestigieux London Institute of Contemporary Arts et Le Golem de Montréal (2004), film d’ouverture du Festival du film pour enfants de Montréal. Elle poursuit parallèlement une démarche d’adaptation au cinéma d’œuvres pour la scène et signe, au fil des années, une vingtaine de films et vidéos avec des chorégraphes telles que Ginette Laurin, Marie Chouinard et Susan Marshall à New York. Elle passe par le documentaire avec un triptyque expérimental présenté à la galerie du Vidéographe, Les entartistes, que justice soit fête!, puis en 2005, Richard Desjardins lui confie la réalisation sur vidéo de son spectacle Kanasuta, qui ira en nomination à l’ADISQ pour le meilleur DVD de musique. Son dernier court métrage, Une courte histoire de la folie (2015), remporte 3 prix prestigieux puis elle co-réalise avec Nicole Giguère un long métrage documentaire, Prisons sans barreaux (2020). Elle est membre fondatrice puis présidente de Réalisatrices Équitables de 2013 à 2019.