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La pudeur ou l'impudeur

Cinéaste : Hervé Guibert France, 1992 PRODUCTION : Banco Production, TF1
58'
Français

À propos de ce film

Résumé

Chronique d’une mort annoncée dont Hervé Guibert filme la répétition et décrit l’horreur au quotidien sans vaine pudeur, sans complaisance. L’image, qu’en photographe il maîtrise parfaitement, l’aide à faire de ce tête-à-tête avec le sida, - confession suprême d’une œuvre autobiographique - un acte de foi en la littérature, une ode à la vie.

L'avis de Tënk

Son corps le lâche, l'abandonne, rongé par la maladie ; alors, seul face à la caméra, Hervé Guibert danse, boxe dans le vide comme il écrit, photographie et filme : avec ivresse et désespoir, douceur et cruauté. Hervé Guibert rêvait de réaliser des fictions, de faire tourner Isabelle Adjani. Il est finalement le seul interprète de son unique film, tourné avec ces nouvelles caméras HI8 qui permettaient, pour la première fois, à tout un chacun de faire des films. Hervé Guibert s'en empare, à bras-le-corps, comme il le fit avec la littérature, dans une auto-fiction dont il fait exploser les codes, les frontières et les tabous. Dans les années 80 le sida est sur toutes les lèvres, la maladie fait peur et ses porteurs sont invisibilisés. Hervé Guibert se saisit du cinéma pour l'exposer au regard de tous. La pudeur ou l'impudeur est un film depuis l'oeil du cyclone, traversé -transpercé ?- par l'urgence, nous bringuebalant sans ménagement d'émotions en réflexions.

Sylvain Bich
Projectionniste

Cinéaste

Hervé Guibert

Hervé Guibert (1955-1991) était un journaliste, romancier et photographe français. Il rêvait d'abord d'être cinéaste. À 17 ans, recalé au concours de l'Institut des hautes études cinématographiques, il se rabat sur la photo, expose et publie plusieurs ouvrages. À 21 ans, il intègre la rédaction du journal Le Monde, critique à la rubrique photographie pendant huit ans. Écrivain précoce, il est remarqué très vite par la critique et suivi par un noyau de lecteurs qui saluent son audace et sa férocité. Après plusieurs livres au succès d'estime, il atteint la célébrité en 1990 en révélant son sida dans À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie où il décrit l'agonie de Michel Foucault. Ce roman sera le premier d'une trilogie, composée également du Protocole compassionnel et de L'homme au chapeau rouge. Dans ces derniers ouvrages, il décrit de façon quotidienne l'avancée de sa maladie. Homosexuel, atteint du sida, il se suicide à l'âge de 36 ans. Hervé Guibert aura placé la maladie au cœur de son œuvre.