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75'

Belgium, Switzerland, 1990

Production : CBA (Centre Bruxellois de l'Audiovisuel) , La Sept, Amidon Paterson Film, Dovfilm

Programmed by Naomie Décarie-Daigneault

French

English


Filmer au « je »



Synopsis


Le réalisateur Boris Lehman retourne à Lausanne où il est né, à la fin de la guerre, Ie 3 mars 1944. Il y revient 44 ans plus tard. Il n’y a vécu qu’une année. Ses parents, parce que juifs, avaient fui la Pologne dès l’avènement du nazisme et s‘étaient réfugiés en Belgique. Ils durent s’enfuir encore une fois pendant l’occupation allemande, et traverser clandestinement la France pour atteindre la Suisse, pays neutre. Boris Lehman n’a aucun souvenir de cela. Ses parents sont morts, les témoins ont disparu. Muni seulement de quelques documents et photographies trouvés au fond d’une caisse aux souvenirs, il déambule dans Lausanne, cherchant par-ci par-là quelques traces de son passage, de son histoire, en rassemblant en quelque sorte les preuves de son existence. Mais la ville se tait et reste étrangère au réalisateur. Des rencontres naissent des histoires, qui amènent irrésistiblement le réalisateur à évoquer, de près ou de loin le thème de sa naissance, liée indissolublement au lac Léman, qui porte, à une lettre près, son nom.

A word from Tënk


« Tout ce que je vois est sans origine. Et pourtant, c’est l’origine que je cherche. L’origine, comme l’instant, comme tout ce qui est maintenant sous mes yeux, tout cela est hors d’atteinte. Tout cela, je le sens, est trop loin, invisible. »
Ainsi débute la quête impossible de Boris Lehman. Le cinéaste, lui-même personnage plus qu’improbable - plus de 500 films en pellicule réalisés, œuvre colossale et inimitable - erre sans répit dans les rues de la ville qui l’a vu naître, Lausanne. Enfant juif né en 1944, il ne sait rien de son histoire. Ses parents sont morts et les artefacts qu’il dépoussière sont muets ou - pire! - disent ce qu’on veut bien leur faire dire. Dans un genre hybride mêlant fiction, documentaire et journal filmé, Lehman reconstitue des scénettes avec des comédiens, questionne inlassablement les témoins inanimés du passé - pierres, rues, lac - et fantasme sa renaissance, un auto-engendrement à l’âge adulte pour se libérer des fantômes dont les silences l’auront condamné à l’errance. Mais sa quête impossible est ponctuée de cérémonies juives, le rite ramenant la brebis égarée dans le troupeau, dans la chaleur du groupe, où le mutisme fait place aux chants collectifs.

Naomie Décarie-Daigneault
Tënk’s Artistic Director

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